Comment MesDocteurs anticipe l’évolution des usages
Gaëlle Cloarec
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Encadrée depuis 2009, entrée dans le droit commun en 2018, la télémédecine vit son plein essor depuis le confinement. Le contexte sanitaire constitue en effet un puissant levier de croissance pour ce marché tout juste naissant. Chiffres à la clé. 5,5 millions de téléconsultations dans le parcours soin ont ainsi été enregistrées entre mars et avril 2020, et 56 000 médecins l'ont pratiquée à fin avril. Ils étaient 3000 fin 2019.
"Un cap a été incontestablement franchi. On ne reviendra plus en arrière", estime Marie-Laure Saillard, CEO de l'opérateur de télémédecine MesDocteurs, basé à Aubagne. "Toutefois, relève-t-elle, la question des usages reste entière. Le schéma qui a émergé dans ce contexte de crise est celui du médecin traitant-patient pour des raisons d'évitement du temps d'attente dans la salle d'attente. C'est très bien, mais les bénéfices de la télémédecine à terme sont ailleurs : accès aux médecins spécialistes dont les délais de prise de rendez-vous sont parfois dramatiques, aide au maintien à domicile, suivi post-hospitalisation ou encore suivi des malades chroniques." Un ensemble d'usages dont la mise en œuvre se fait encore attendre mais que la start-up anticipe, elle qui s'est fixée comme objectif de contribuer "à la structuration du parcours de soin." Et ce, en cherchant à démocratiser la télémédecine et à optimiser la répartition du temps médical, "pas à la hauteur des besoins et surtout inégalement réparti sur le territoire".
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Fondée en 2015, l'opérateur de télémédecine MesDocteurs figure parmi les pionniers sur ce marché émergent où tout ou presque est à construire. Ce qui suppose d'investir. "Beaucoup", souligne la dirigeante. A cet égard, l'entrée au capital de la start-up du groupe VYV en 2017, aujourd'hui actionnaire unique, apparaît comme un atout. D'autant que le groupe mutualiste (MGEN, Harmonie Mutuelle, Harmonie Fonction Publique) dispose de plus de 2000 établissements de santé, permettant "de déployer des synergies opérationnelles très intéressantes". Car l'entreprise entend bien couvrir tout le spectre de la télémédecine : de la téléconsultation bien sûr à la télésurveillance médicale, aujourd'hui au stade expérimental, jusqu'au télésoin, dispositif permettant à un infirmier, un pharmacien, une sage-femme d'exercer un soin à distance. Lequel fait actuellement, pour certaines professions, l'objet de négociations conventionnelles. "Mais cela prend du temps". Celui notamment de créer des actes, un parcours, un modèle économique aussi.
Gaëlle Cloarec