Plus de 20.000 masques usagés ont été collectés en quelques mois par la commune de Saint-Jory, au nord de Toulouse. La société Plaxtil s'est ensuite chargée de les réutiliser pour fabriquer des règles, des équerres et des rapporteurs à destination des élèves de la municipalité. Un circuit d'économie circulaire qui a déjà séduit une cinquantaine de collectivités en France dont la Ville de Paris, mais aussi des industriels comme Nestlé ou Chanel.
"Les bénévoles qui ont l'habitude de ramasser les restes de McDo et des mégots sur les trottoirs de la commune nous ont alertés en mars dernier sur la présence grandissante de masques chirurgicaux usagés par terre. Nous avons commencé à réfléchir à des solutions de recyclage pour donner une seconde vie à ce type de matériel et c'est ainsi que nous avons découvert la société Plaxtil", se remémore Thierry Fourcassier, maire de Saint-Jory, commune de 6.000 habitants au nord de Toulouse.
Lancée en octobre 2019, la startup Plaxtil se destinait à l'origine au recyclage des déchets textiles (vieux vêtements, morceaux de tissus) en polymère pour remplacer le plastique. La jeune société a notamment officialisé un partenariat avec Kiabi pour faire de ces chutes de textile des cintres "recyclables à l'infini".
Une cinquantaine de collectivités en France
Avec la prolifération des masques chirurgicaux, la jeune société commence dès juin 2020 à les réutiliser pour fabriquer des ouvre-portes, des visières ou des cendriers de poche. De premières bornes de collecte de masques usagés ont été installées dans la foulée à Châtellerault (Vienne) où Plaxtil a établi son usine.
Depuis une cinquantaine de collectivités en France ont été conquises par ce circuit d'économie circulaire.
"Cela va de petites communes comme Locminé en Bretagne ou Saint-Jory en Haute-Garonne à la Ville de Paris ou le ministère de l'Économie et des Finances à Bercy. Nous travaillons aussi avec le département de la Vienne et nous avons des contacts avec le conseil départemental de la Haute-Garonne et la région Centre", énumère Olivier Civil, le cofondateur de Plaxtil.
À Saint-Jory, la municipalité a dépensé 4.300 euros dans le projet. Une vingtaine de bornes de collecte ( qui se présentent sous forme de boîtes en carton) ont été installées au printemps dernier dans les écoles, les commerces et les bâtiments municipaux. "Nous étions partis sur l'objectif de recycler 12.500 masques et finalement au début de l'été nous en avions recueilli plus de 20.000", se réjouit Thierry Fourcassier.
La collecte des bornes a été confiée à une entreprise de l'économie sociale et solidaire, l'Association nationale de réinsertion des handicapés. "Les masques sont mis en quarantaine pendant une grosse semaine. Ensuite, la barrette métallique des masques est enlevée. Dans notre usine de Châtellerault, nous les transformons de petites billes qui peuvent être injectées dans les différents moules", détaille Olivier Civil.
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