La donnée numérique, aujourd'hui omniprésente et dont l'usage aliment tous les fantasmes, est qualifiée d'or noir du XXIe siècle. Mais la croissance exponentielle du volume de données collectées, la question de la fiabilité de ces données, les évolutions de la législation et les besoins de croisements entre données hétérogènes demandent de nouvelles compétences.
« Cela s'avère de plus en plus vrai,souligne aujourd'hui Anne Laurent, professeur en informatique dans les domaines des bases de données et de l'intelligence artificielle et directrice de l'Institut de sciences des données de Montpellier (ISDM). Aujourd'hui, il faut savoir croiser ses propres données avec des données administratives, de mobilité, de santé, etc., il faut apprendre à naviguer dans cette complexité et ne pas regarder uniquement sous propre réverbère... Les enjeux de l'ISDM, ce n'est donc pas de faire de la recherche sur la science des données ou l'intelligence artificielle mais de faire comprendre la richesse de la palette méthodologique qui existe derrière et d'accompagner pour utiliser le bon outil. »
C'est pour répondre à ces nouveaux défis (massification des données, complexité des modèles statistiques et algorithmiques, enjeux éthiques et juridiques, etc.) que l'ISDM été créé à Montpellier, en 2019, à l'initiative du directeur du Laboratoire d'informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (LIRMM) Philippe Poignet, du directeur de Polytech Montpellier Lionel Torres, et du directeur du laboratoire de mathématiques de l'époque Jean-Michel Marin. Avec une ambition : fédérer et rendre visibles les forces et actions régionales en science des données, créer des synergies, cartographier les compétences, et démocratiser la science des données à l'usage des chercheurs ou ingénieurs académiques mais aussi des entreprises pour la mise en œuvre et de solutions concrètes.