RUE, ce dispositif qui permet à la recherche académique de pousser l’innovation des PME
Laurence Bottero
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L'idée et le dispositif sont nés en 2014. L'objectif, alors, est de créer le lien cruellement manquant entre le monde académique et le monde de l'entreprise. Deux mondes différents - pour ne pas dire opposés - mais finalement complémentaires. RUE - pour Rapprochement Université Entreprise - est porté sur les fonts baptismaux par Stéphanie Godier et Laurent Londeix, l'une docteur en astrophysique, l'autre délégué régional d'Orange dans le Sud. Avec ce constat : la recherche publique n'est pas regardée par les entreprises - à vice-versa - alors qu'elle est, pourtant, un levier à activer.
Sept ans après sa création, RUE est passé de la taille départementale à la taille régionale et bientôt extra-régionale. C'est que le besoin en innovation des entreprises s'est clairement, à la fois structuré et fait indispensable. Les transitions - numérique, écologique... - la compétitivité, l'internationalisation... exigent de faire preuve d'innovation. Mais la question est souvent : comment aller la chercher ?
Aller voir du côté des laboratoires c'est accéder à une innovation sur-mesure, à valeur ajoutée. Et c'est tout le plaidoyer de Stéphanie Godier, sa directrice générale. Qui insiste sur les moyens existants pour faciliter la concrétisation d'un rapprochement académico-entreprenarial.
Dont le projet tutoré étudiants, qui permet de développer des projets à moindre coût, concrets... « Qui permet aussi à l'entreprise d'avoir un premier step pour le go/no go d'un projet plus ambitieux », dit-elle. Ou alors ce pack stage/alternance/doctorat, idéal pour des entreprises familiales ou industrielles (quand ce n'est pas les deux), peut-être plus frileuses ou plus pointues, qui ont besoin d'être rassurées aux différentes étapes d'un projet collaboratif. En clair, accueillir un stagiaire permet de valider l'intérêt, puis de monter en gamme, en quelque sorte, avec l'alternance puis le doctorat. « Nous amenons les entreprises qui ne connaissent pas du tout le milieu de la recherche à s'impliquer dans une thèse de doctorat en intégrant ce genre de profil dans l'entreprise. Et en matière de stratégie c'est gagnant et financièrement intéressant. Une thèse Ciffre étant prise en charge en partie par l'Etat, elle ne représente pas un coût à 100% pour l'entreprise et lorsqu'il est diplômé, le jeune docteur, voit son salaire être pris en charge sur le crédit impôt recherche à hauteur de 200 % pendant 2 ans. Ça ne peut pas être plus intéressant et permet d'intégrer de grandes compétences dans l'entreprise et du coup de l'aider à innover, à se positionner différemment sur son marché », détaille Stéphanie Godier.
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