Face aux nuisances humaines et aux bouleversements climatiques, l'innovation peut-elle nous sauver du dégât des eaux ? A en croire les nouveaux systèmes de recyclage proposés par des entreprises de Nouvelle-Aquitaine, oui. Le changement n'est pas structurel mais des modèles essayés ici et là pourraient inspirer les réseaux à plus grande échelle.
Pour deux entreprises, le chaînon d'intervention se situe en sortie de station d'épuration. Ici, elles proposent des traitements qui permettent de désinfecter l'eau usée, sans la rendre potable, mais en permettant son utilisation en agriculture pour l'irrigation ou pour des usages domestiques. Une action qui permet d'éviter le rejet de l'eau en milieu naturel dès sa première utilisation.
La première, UV Germi, basée à Limoges, est capable d'éliminer les micro-organismes présents en milieu aquatique (bactéries, champignons et virus) grâce à l'action des rayons ultraviolets de type C. En utilisant l'effet assainissant du soleil, la société, créée en 2009, offre une alternative au traitement par chlore. Son dispositif a par exemple été déployé sur l'île de Ré, entre une station d'épuration et un bassin de rétention d'eau utilisé pour l'arrosage des champs.
"On récupère des eaux usées traitées en sortie de station d'épuration pour économiser la ressource et la redistribuer, autant à l'échelle de la maison individuelle qu'à l'échelle industrielle" énonce Willy Fortunato, directeur général d'UV Germi, rappelant aussi que l'entreprise commercialise toujours en BtoB. Son chiffre d'affaires, qui s'élevait à 6,6 millions d'euros en 2020, sera notamment soutenu par sa participation à la rénovation du réseau d'eau de Brive-la-Gaillarde.