Dans le sillage d'une offre de formation inédite lancée dans les années 70, Limoges a vu naître une filière académique et économique spécialisée dans le traitement de l'eau. Au point de lui donner aujourd'hui un rayonnement international.L'Université de Limoges a été la première en France à développer, dès le début des années 1970, un cursus sur l'eau. Aujourd'hui, la filière offre un large panel en formation initiale du Bac Pro jusqu'au Master. Basée à la technopole Ester, l'école d'ingénieurs Ensil-Ensci propose une spécialité "Eau et environnement" reconnue au niveau national. Limoges abrite également le Crideau, le Centre de recherches interdisciplinaires en droit de l'environnement et développement durable de renommée internationale et le laboratoire Pereine (99 permanents), labellisé par l'Inra, qui porte deux chaires d'excellence de l'Université dont une dédiée aux "Grandes retenues et qualités des eaux".
Institutions et entreprises
Résultat, près de 4.800 personnes en France sur 13.500, soit près de 30 % des décideurs dans le domaine de l'eau, ont été formés dans l'ex capitale régionale. Autre fleuron historique et sans équivalent, l'Office international de l'eau (134 salariés) fondé à Limoges en 1991 sur les assises de la Fondation de l'eau créée en 1978. Avec 230.000 salariés formés depuis sa création, son expertise lui confère également un rayonnement international. Le savoir-faire de l'OIEau s'exporte avec une filiale au Québec et au Canada depuis 2015 et une à Sao Paulo au Brésil.
L'écosystème qui s'est développé en 50 ans a aussi favorisé l'éclosion d'entreprises regroupées au sein du Pôle environnement Limousin dès 1997. La fusion avec le second cluster environnement néo-aquitain, le 1er janvier 2021, a donné naissance à Solténa (Solutions pour la transition écologique en Nouvelle-Aquitaine), structure forte de 250 adhérents.
"La filière eau régionale comptait plus de 300 TPE/PME lors du recensement de 2018 dont 56 en Limousin pour un chiffre d'affaires de 93 millions d'euros en excluant les grands groupes", précise Ronan Barbier, chef de projet. "Il existe un gisement important particulièrement à Limoges par la présence historique de l'Université et de l'OIEau."
Corinne Mérigaud, à Limoges