Après une récente levée de fonds de 1,2 million d’euros auprès de Sofilaro et du groupe montpelliérain Qair, l’entreprise héraultaise Watertracks, spécialiste en systèmes et travaux subaquatiques robotisés, veut déployer son expertise sur un marché mondial, de plus en plus sensibilisé à la cause environnementale.Spécialisée dans les systèmes de travaux sous-marins, la société Watertracks, créée en 2016 à Pérols (34), a mis au point, l'an dernier, le robot Nessie, capable de draguer les sédiments se déposant au fond des lacs artificiels. Développé dans le cadre d'un partenariat innovation avec EDF, ce dispositif inédit ouvre des perspectives pour répondre aux enjeux, de plus en plus prégnants, en matière de capacité de stockage de l'eau et de demande en énergie renouvelable. Watertracks vient d'ailleurs de recevoir le Grand Prix du concours Les Inn'Ovations 2022.
« Dans le monde, les lacs artificiels sont sédimentés en moyenne à plus de 35% et ils continuent de se boucher. En France, la situation est plus tendue encore, la moyenne dépassant les 50% de sédimentation depuis 2020. Ce Grand Prix (doté de 30.000 euros, NDLR)représente une grande reconnaissance de notre effort d'innovation dans un secteur industriel qui sort un peu du commun »,se félicite Raphaël Gaillard, président de Watertracks.
Un robot à 1 million d'euros
Alors que des solutions lourdes existent pour draguer les lacs (en les vidant par exemple), le robot sous-marin Nessie fait preuve - malgré ses 15 tonnes, ses 7 m de long, ses 5 m de large et ses 4 m de hauteur - d'une agilité déconcertante lui permettant de se déplacer sans entrave sur la vase au fond de l'eau. Qui plus est, il fonctionne avec n'importe quelle hauteur d'eau. Deux brevets européens ont été déposés, l'un pour le robot, l'autre pour la tête de dragage.
Châssis, adaptation des composants et assemblage sont réalisés dans l'atelier lunellois. La fabrication d'un robot (coût : 1 million d'euros) prend en moyenne neuf mois, et un second est en cours de fabrication.
« Nous ne vendons pas de robots mais du service,rappelle Raphaël Gaillard. Nous misons sur cinq robots d'ici 2027. Sur ce marché de niche, notre technologie d'innovation évolue en fonction du retour d'expérience de chaque chantier. »