Dromotherm, ce projet qui veut récupérer l’énergie thermique des routes
Stéphanie Gallo Triouleyre
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5% des routes françaises reçoivent l'équivalent de l'énergie solaire nécessaire au besoin total de chaleur du pays.
A.T.
Dromotherm, ce projet qui veut récupérer l’énergie thermique des routes
Plusieurs laboratoires de la région travaillent sur un projet innovant : la mise au point d’un système de collecte et de stockage de l’énergie thermique des routes générée par la chaleur du soleil. Objectif : chauffer les bâtiments situés à leurs abords. Le démonstrateur est en cours d’installation sur le parc d’activités de Savoie Technolac. Au-delà de l’alimentation des systèmes de chauffage, Dromotherm permettrait d’abaisser la température de surface de ces routes, participant ainsi à la lutte contre les ilots de chaleur urbain.
Et si l'énergie thermique des routes, générée par la chaleur du soleil, pouvait être récupérée de manière optimale, stockée puis réutilisée en hiver pour le chauffage des bâtiments ?
C'est la voie qu'ont choisi d'explorer le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) dont le siège est à Lyon, le LOCIE (Laboratoire optimisation de la conception et ingénierie de l'environnement, unité de l'Université Savoie Mont-Blanc), l'Institut Pascal (Université Clermont-Ferrand/CNRS) ainsi que les entreprises Eiffage et Elydan.
L'idée de la récupération de cette énergie n'est pas nouvelle. Déjà dans les années 40, des chercheurs s'intéressaient à ce sujet pour le déneigement des voies. Depuis, des expérimentations ont été menées en Suisse, au Japon et ailleurs. Eurovia a même lancé récemment sa « Power Road ». Mais le groupement constitué autour du projet Dromotherm, piloté par le Cerema, veut aller plus loin. En optimisant au maximum la collecte et le stockage de cette énergie.
Un démonstrateur installé sur le parc d'activités Savoie Technolac
Un premier démonstrateur de quelques mètres carrés avait été installé par le groupement Dromotherm à Egletons, en Corrèze, en 2015. Il avait permis de valider la pertinence technique et scientifique sur lequel est appuyé le projet.
La seconde étape est en cours de concrétisation avec la mise en place d'un revêtement spécial de 50m² environ sur le parc d'activité de Savoie Technolac, accompagné d'un chalet de 20m2 simulant la consommation énergétique d'un logement de 120m².
Les outils d'instrumentation et de mesure seront mis en place dans les prochaines semaines pour un démarrage de l'expérimentation cet été. Le potentiel est gigantesque, le gisement d'énergie solaire thermique est en effet immense. Selon le Cerema, moins de 5% de la surface des routes françaises reçoivent une énergie solaire équivalente au besoin total de chaleur du territoire.
"En plein été, la température d'une route peut monter jusqu'à 60 degrés. Cette température permet de chauffer un fluide, de stocker l'énergie pour la réutiliser plus tard. Jusqu'ici les technologies utilisées passaient par des tuyaux installés sous la surface de la route", explique Frédéric Bernardin, chef du groupe Recherche Systèmes de transport intelligents au Cerema.
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