L'écosystème grenoblois aurait-il trouvé une nouvelle réponse à l'un des enjeux de souveraineté qui se pose, depuis plusieurs mois, sur le terrain des terres rares ? Ce vendredi, le CEA Liten (l'un des laboratoires du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA), spécialisé dans l'énergie) et l'industriel Orano, ont inauguré officiellement une ligne pilote consacrée au développement d'un nouveau procédé de recyclage dans le domaine des terres rares, qui vise à « combiner recyclage et haute performance ».
Une étape qui marque la fin d'une première phase de R&D, durant laquelle une équipe conjointe d'une trentaine de personnes a travaillé sur un nouveau procédé. Ce dernier a pour objectif de recycler des aimants usagés (électroménager blanc, véhicules électriques en fin de vie...) pour produire de nouveaux aimants permanents néodyme-fer-bore (NdFeB) de haute performance.
Le tout à partir d'un procédé de recyclage conçu en « boucle courte », en réutilisant la matière sans la dissocier chimiquement (c'est-à-dire sans repasser par l'étape d'oxydation, de séparation chimique et de métallisation traditionnelle). Un choix qui se veut à la fois « plus économiquement et écologiquement viable », selon les porteurs du projet, et qui cherche à s'imposer comme une solution complémentaire aux autres technologies de recyclage actuellement développées par d'autres acteurs français et européens.
« Orano et les CEA se sont positionnées sur les cas d'usage les plus exigeants, c'est-à-dire les moteurs de traction des véhicules électriques et les turbines d'éoliennes, parce que ce sont des enjeux fondamentaux pour la transition énergétique », confirme Benoit Richebé, directeur du projet terres rares et recyclages des aimants chez Orano.