À l'heure où l'intelligence artificielle (IA) se déploie dans de nombreux domaines, le sujet de la transmission des données à très haut débit est devenu un enjeu de taille, notamment sur le terrain des infrastructures consacrées à l'IA. Avec une nécessité : offrir toujours plus de performances et de rapidité pour traiter de grandes masses de données, tout en réduisant la consommation énergétique d'un secteur pointé pour ses enjeux de durabilité.
« Face à un trafic de données qui est en explosion au sein des infrastructures d'IA, les transmissions de données qui sont historiquement faites sur des câbles de cuivre doivent être remplacées par des transmissions réalisées sur des câbles de fibre optique, bien plus performants », illustrait ce mercredi matin Sylvie Menezo, fondatrice de Scintil Photonics, sur le plateau de BFM Business.
La dernière levée de fonds qui vient d'être clôturée par le grenoblois Scintil Photonics en témoigne : le sujet des composants de pointe consacrés à l'intelligence artificielle attire les investisseurs. Et non des moindres : pour son troisième tour de table, la deeptech iséroise a réuni 50 millions d'euros, menés par le fonds tricolore Yotta et le fonds Nokia NGP Capital, avec l'entrée d'acteurs comme BNP Paribas et le soutien renouvelé du fonds de corporate venture de Bosch, ainsi que d'Innovacom et de Bpifrance.
Une série B qui surprend surtout par l'intégration d'un grand nom : le fabricant de GPU Nvidia, devenu première capitalisation boursière mondiale, qui a choisi d'investir dans Scintil Photonics. Bien que le géant de l'IA ne commente pas directement cette participation, celle-ci s'inscrit plus largement dans le cadre des investissements musclés réalisés par la société californienne, qui misent en partie sur le domaine de la photonique - une branche de la physique qui étudie le traitement des signaux optiques.