Plus de 100 tonnes de mégots ont déjà été collectés en France par Keenat depuis 2019 pour en faire des plaques de plastiques ou alimenter les fours de cimenteries. Ces 588 millions de mégots ne sont qu'une goutte d'eau dans un océan de pollution de 7,7 milliards de mégots jetés chaque année en France dans l'espace public. Mais cet océan donne aussi une idée de la taille du marché auquel s'adresse l'entreprise bordelaise de l'économie circulaire. D'autant qu'en plus des mégots, qui pèsent 90 % de son activité, elle traite également les masques usagés et, à partir de janvier 2023, les chewing-gums, avant de cibler également des vêtements de protection individuelle tels que les blouses, charlottes et autres chasubles. Keenat compte déjà plus d'un millier de clients en France, collectivités locales et entreprises.
"Avec Ecomegot et R'mask, nous sommes les seuls à maîtriser toutes les étapes de la chaîne : la sensibilisation, la collecte et le recyclage de ces déchets non valorisés. Pour cela nous avons une technique brevetée au niveau européen qui permet de transformer masques et mégots en matière plastique pour réaliser des plaques murales. L'idée derrière ces plaques c'est, qu'une fois recyclé, le plastique des mégôts ne se retrouve pas à nouveau par terre", décrit à La Tribune Sandrine Poilpré, la directrice générale et cofondatrice avec Erwin Faure et Edouard Vergé.
Une activité qui assure à la fois la rentabilité du modèle économique et une forte croissance puisque Keenat, qui affiche 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires sur 2022, compte bien continuer à doubler son activité chaque année. L'entreprise qui emploie trente personnes vise ainsi 45 salariés d'ici un an puis 70 à l'horizon 2025/2026.