La Plastiquerie rêve de transformer des déchets plastiques en mobilier design
Camille Juanicotena

Les plaques décoratives fabriquées par La Plastiquerie à partir de déchets plastiques récupérés notamment auprès d'entreprises du BTP.
CJ / La Tribune
Camille Juanicotena

Les plaques décoratives fabriquées par La Plastiquerie à partir de déchets plastiques récupérés notamment auprès d'entreprises du BTP.
CJ / La Tribune
Jeudi 7 juillet, au siège de la Métropole de Bordeaux, s'est tenue le Tech'day organisé par Bordeaux Technowest et rassemblant une multitude de startups de la région. Dans un brouhaha au milieu des allées, la foule était nombreuse autour du stand tendu par Julie Robert, la co-fondatrice de La Plastiquerie qui présentait son projet d'économie circulaire.
Polypropylène, polystyrène, polyéthylène... La Plastiquerie ne récolte que des plastiques propres de ces types. Julie Robert et Amandine Boutang, co-fondatrices, travaillent essentiellement à partir de déchets plastiques issus de l'industrie du bâtiment et des travaux publics récupérés en démarchant les entreprises. Pour une couleur ou une texture particulière, elles achètent la matière première à des recycleurs.
Le plastique inspire. Elles réfléchissent à la conception d'un mobilier design, utile et surtout durable :
Avec des moyens techniques et humains encore très limités, La Plastiquerie peut broyer jusqu'à une tonne de plastique par jour. A l'atelier, la petite production se cantonne à des plaques d'1m20 sur 1m20 avec des épaisseurs différentes qui servent à la fabrication d'objets design. Pour une épaisseur d'1 cm, une plaque coûte 175 euros.
Plus qu'une solution pour les entreprises, l'objectif est de les pousser à une consommation plus responsable et à une meilleure gestion de leurs déchets. "On a pour projet de mettre en place des ambassadeurs plastique dans les entreprises par exemple. En interne, ils pourront notamment nous transmettre le type de besoin de l'entreprise [...]", complète la cofondatrice.
La Plastiquerie c'est une idée qui ne sort pas de nulle part... Dès 2013, Dave Hakkens, étudiant hollandais en design, propose un projet de fin d'études étonnant consistant à conceptualiser des machines pour recycler le plastique soi-même. Baptisé "Precious Plastic", ce travail étudiant est devenu une communauté à travers le monde entier.
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C'est en janvier 2020 que Julie Robert et Amandine Boutang se lancent dans l'aventure. Designer graphique de formation, Julie porte un œil créatif et artistique sur les produits contrairement à Amandine issue d'une formation commerciale qui s'occupe des contrats et de la vente. Soutenues par La Maison pour Rebondir de Suez à Bordeaux, leur startup a remporté un appel à projet lancé par Bordeaux Technowest en octobre 2021. Depuis tout s'enchaîne. En avril 2022, les machines (broyeur et presse à chaud) semi-industrielles s'installent dans l'atelier à Saint-Léon, en Gironde, dans l'Entre-deux-Mers.
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Et les perspectives économiques ? "Nous sommes encore à la genèse du projet, mais l'amorce est réussie ! Pour le moment, avec Amandine, nous n'avons pas d'attente particulière sur notre chiffre d'affaires à venir. Nous voulons d'abord fixer nos offres, ficeler des contrats avec des clients pilotes et concrétiser nos envies", conclut Julie Robert.
Camille Juanicotena
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