Microalgues : Inalve réoriente sa stratégie vers les écloseries
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
FannyTondre_D.Prod
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
FannyTondre_D.Prod
Arrivée en février 2022, Véronique Raoul donne le la. Finie la double activité de producteur-extracteur de microalgues pour le marché de l'alimentation animale en général, la repreneuse et nouvelle dirigeante d'Inalve concentre le tir. Une seule activité, la production, un seul marché, l'aquaculture. Cette réorientation stratégique vise à réaliser le scale-up attendu pour Inalve.
Il faut dire que la jeune pousse fondée à Nice en 2016 par les chercheurs Christophe Vasseur et Hubert Bonnefond présente de belles promesses. Sa spécialité ? La production de microalgues sur biofilm, un procédé breveté qui utilise leur propension naturelle à s'associer et croître sur des supports, s'affranchissant ainsi de l'étape consistant à séparer l'eau de la plante qui représente 40% du coût de production et qui réduit leur viabilité. Une alternative plus compétitive donc mais aussi plus écologique que la production en suspension dans l'eau communément utilisée. "Nous sommes sur des économies de l'ordre de 30 à 40% en termes d'énergie, et de 80 à 90% pour l'eau", précise la dirigeante. Par ailleurs, la surface au sol nécessaire à leur culture est réduite et non dépendante des terres arables, ni des océans et cours d'eau. Quant au produit obtenu, il présente une richesse nutritionnelle jugée intéressante en matière de renforcement des défenses immunitaires.
À lire également
Voilà pour les avantages concurrentiels. Reste à trouver le débouché sur lequel s'appuyer pour expérimenter un premier déploiement à grande échelle. A cet égard, Véronique Raoul mise sur l'aquaculture, "un secteur clé pour nourrir demain l'humanité sainement, durablement et en quantité suffisante sans détruire la planète", et plus précisément sur le segment amont du processus d'élevage, l'écloserie. "Les larves sont le premier maillon de la chaîne aquacole, or les producteurs font souvent face à un fort taux de mortalité et ne trouvent pas sur le marché de nourriture adaptée alors que les microalgues sont le mets préféré des larves", détaille-t-elle. Bonne pioche ? A priori, oui. "Tous ceux à qui nous avons proposé des essais gratuitement ont constaté un taux de survie plus important, même si variable d'une espèce à l'autre, et des larves qui se métamorphosent plus rapidement".
Gaëlle Cloarec