Sun Oleo : des micro-algues pour verdir l’industrie

Laurence Bottero
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On connaît le potentiel des arbres en matière d'absorption du CO2. On oublie parfois celui des micro-algues, par définition invisibles à l'œil nu. « Pourtant, pour produire une tonne de matière végétale sèche, il faut 2 tonnes de CO2 », assure Frédéric Barbarin qui se passionne pour ces végétaux utilisés depuis des millénaires.
Parmi les plus fameuses de ces micro-algues, la spiruline, utilisée en complément alimentaire et dans les cosmétiques pour sa richesse en fer, son pouvoir antioxydant ou encore sa forte teneur en acides aminés. Certaines entreprises de l'agroalimentaire l'utilisent également comme colorant naturel. Et plus largement, les micro-algues peuvent être transformées en bioplastiques ou, de manière plus hypothétique, en biocarburants.
Leur culture est donc une façon de répondre aux exigences de réduction des émissions de gaz à effet de serre des industries, qui plus est sans rogner sur les terres agricoles puisque la culture de ces organismes se pratique hors-sol, donc potentiellement sur des terres arides ou des sites industriels désaffectés.
Malgré ce potentiel, Frédéric Barbarin constate « un manque de solutions pour une culture en plus grand volume ».
Ainsi, sur le marché, deux solutions dominent. La première est la culture en bassin peu profond (15 à 30 cm), en chenal, on parle de « raseway ». « Ces bassins sont peu profonds car sinon, la lumière ne pénétrerait pas au fond. Par conséquent, ils s'étalent sur de grandes étendues et génèrent beaucoup d'évaporation », donc une forte consommation d'eau.
L'autre option consiste en une culture au sein de photobioréacteurs clos, sous forme de tubes transparents et rigides. « C'est une solution intéressante car il n'y a plus d'évaporation mais le coût est très élevé. Ce n'est pas rentable pour une production à grande échelle ».
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Frédéric Barbarin imagine alors une troisième voie, combinant les atouts des deux autres. Sa proposition : un photobioréacteur constitué d'un bassin profond (4 à 6 mètres) au-dessus duquel sont placées des d'optiques « puits de lumière » flottantes, sorte de ballons transparents remplis d'eau, qui permettent de diffuser au moins 80 % de la lumière jusqu'à 10 mètres de profondeur. Ces optiques sont coiffées d'une bâche qui empêche l'évaporation et génère un effet de serre permettant la culture précoce de micro-algues plus tôt dans la saison.
Laurence Bottero