Eric Malbos, du virtuel pour guérir le réel
Maëva Gardet-Pizzo
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Ira-t-elle ? N'ira-t-elle pas ? Elle hésite.
À gauche le guichet d'accueil. À droite, un grand hall où des passagers flânent avant de rejoindre leur vol. Coup d'œil furtif à son billet. Allez, cette fois, elle se lance.
Imposant casque de réalité virtuelle sur la tête, Marjorie*, longue robe estivale rayée bleue et blanche, avance à petits pas dans une petite salle de l'hôpital psychiatrique La Conception à Marseille, veillant à ne pas trébucher sur les longs fils qui relient son casque à un ordinateur. Tout autour d'elle flotte la voix d'un homme : le docteur Eric Malbos, figure mondiale des thérapies par réalité virtuelle.
Chemise blanche, cravate et pantalon noir à bretelle, le médecin au style dandy lui parle comme on tend une main. Avec comme objectif de l'aider à accepter et mieux vivre une de ses craintes: celle de prendre l'avion. « Prenez votre temps. Ne cherchez pas à aller trop vite. C'est important que ce soit... » « Progressif », lui répond brièvement sa patiente. « Oui, c'est cela. Pro-gre-ssif », répète-il avant de lui demander à plusieurs reprises d'évaluer son niveau d'anxiété sur une échelle de un à cent.
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« Quarante », estime-t-elle alors qu'elle atteint le pont transbordeur. Quarante, cela commence à être élevé. Alors il faut s'activer. Appliquer les méthodes apprises lors des cinq séances de préparation. « Laquelle voulez-vous faire ? » « J'aime bien celle du détective ». « Très bien. Donnez-moi vos pensées de catastrophe ». « Pour le moment je n'en ai pas ... Ah si, j'ai peur d'avoir une crise dans l'avion et de ne pas pouvoir la gérer. Une attaque de panique ». « Donnez moi les preuves contre ». « Un vol c'est temporaire. Après, je pourrai sortir » « Oui, et si vous voulez, vous pouvez pour lever et faire un tour entre les rangées ». « Je ne serai pas seule ». « Vous n'êtes pas démunie face à l'anxiété ».
Maëva Gardet-Pizzo