Avec un secteur automobile agonisant, c'est une région qui avait fini dans le décor. Définitivement croyait-on. L'industrie du véhicule auto laisse des sueurs froides dans l'ancien Poitou-Charentes : liquidation d'Heuliez à la fin des années 2000, échec cuisant de la Mia Electric ensuite et, plus récemment, fermeture finale des Fonderies du Poitou. Rien qui n'empêche d'intrépides aspirants constructeurs d'apparaître pour répondre au besoin de transition de la filière. C'est le cas de Midipile à Angoulême qui va s'attaquer en fin d'année à la fabrication de son petit véhicule dédié à la logistique urbaine ou de Kate dans les Deux-Sèvres. Et du plus jeune Avatar Mobilité qui va en faire de même pour les particuliers depuis La Rochelle.
Cette dernière société a bien des points communs avec sa consœur angoumoisine. Tellement qu'elles ont chacune pris des participations chez l'autre. « Là où Benoît [Trouvé, le dirigeant de Midipile, ndlr] s'est intéressé plutôt à la logistique, on s'attache plus à changer les usages de la voiture », cadre Frédéric Mourier, fondateur d'Avatar. C'est ainsi que le dirigeant de l'entreprise créée en 2021 planche, non pas sur un vélo amélioré, mais plutôt une voiture simplifiée à l'extrême. On parle d'ailleurs de véhicule quadricycle puisque l'homologation visée est équivalente à celle délivrée pour un quad. Et pourtant, le bolide à l'état de prototype dispose bien d'un habitacle, de quatre places avec un poste de pilotage et de tout ce qu'il faut connaître pour conduire une automobile. Mais ici, la motorisation est électrique, alimentée entre batteries et solaire, la masse légère, avec 350 kilos à la pesée, et l'impact environnemental vertigineusement bas avec moins de 20 grammes de CO2 par kilomètre. Construction comprise.