ExAdEx cultive de la graisse pour faire avancer la recherche
Gaëlle Cloarec
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Une personne sur huit. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'obésité touche plus d'un milliard de personnes, dont 650 millions d'adultes, 340 millions d'adolescents et 39 millions d'enfants. Une prévalence qui augmente partout dans le monde, avec son lot de comorbidités. En 2025, toujours selon l'OMS, 167 millions de personnes seront confrontées à une détérioration des conditions de santé associées au surpoids ou à l'obésité. Dans ce contexte, le marché de la minceur fait florès, entre progrès technologique et importance croissante accordée à l'aspect physique à l'ère de l'image reine et des réseaux sociaux. Il génère en France 2,5 milliards d'euros de revenus chaque année et présente, à l'échelle mondiale, un taux de croissance annuel de 7%. Même courbe ascendante pour le segment des dispositifs de réduction de graisse corporelle, avec 4,2 milliards de dollars de chiffre d'affaires réalisés en 2023 et une progression de 8,8% d'ici à 2032.
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Mais quid de la matière première, ce tissu adipeux honni, à la fois ami et ennemi ? Le sujet intéresse de plus en plus les chercheurs et industriels. Parmi eux, la biotech ExAdEx, co-fondée en 2022 par une équipe de recherche de l'Institut de Biologie Valrose, à Nice, spécialisée dans l'étude des cellules souches et de la graisse en général. Maturée par la SATT Sud-Est, accompagnée par le Réseau Entreprendre Côte d'Azur, elle exploite un procédé doublement breveté permettant de « mettre en culture la graisse humaine récupérée auprès des chirurgiens et de la conserver sans modification structurelle ni fonctionnelle pendant plusieurs semaines quand l'état de l'art se limite à deux ou trois jours », explique Vincent Dani, dirigeant de la jeune pousse. Celle-ci propose ainsi différents modèles de tissus adipeux, issus du ventre, des cuisses, des paupières ou encore du menton de donneurs, tous considérés comme des déchets opératoires, sur lesquels des tests de molécules ou de produits sont réalisés. Autrement dit, dans le jargon académique, « du test in vitro sur du matériel ex vivo. »
Gaëlle Cloarec