« Grâce à l’IA, la prédiction est certainement l'avenir de notre système de santé » (Emilie Royère, DG Eurobiomed)

Laurence Bottero
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LA TRIBUNE - L'intelligence artificielle appliquée à la santé constitue l'un des enjeux majeurs pour positionner la France parmi les leaders...
EMILIE ROYERE - La France possède un atout majeur pour traiter tous ces sujets de santé et d'IA car nous possèdons des données de santé parmi les plus documentées dans le monde, avec un système de santé véritablement reconnu. Cette donnée de santé est la première brique, la matière première sur laquelle nous pouvons appliquer des technologies d'intelligence artificielle pour traiter ces données. De ce fait, nous sommes bien positionnés pour aller vers une médecine prédictive et une médecine qui serve véritablement le patient. C'est vraiment cela, l'enjeu de la donnée de santé et de l'IA. L'IA appliquée au domaine de la santé concerne également l'accompagnement dans des sujets orientés vers les dispositifs médicaux. Quoiqu'il en soit, la prédiction est certainement l'avenir de notre système de santé.
Lorsqu'on parle IA appliquée à la santé, la frontière peut sembler tenue, du point de vue du grand public, entre ce qui relève précisément du dispositif médical et de ce qui est du gadget.
La frontière est effectivement ténue pour le grand public. Néanmoins, on peut se demander si cela est une mauvaise chose, car plus cette frontière est ténue, plus ça signifie que le grand public peut également bénéficier d'avancées technologiques majeures. Donc, il ne faut pas confondre et ne pas utiliser un gadget en pensant qu'il va nous apporter un soin, mais en revanche, à l'inverse, le jour où nous aurons beaucoup d'intelligence artificielle dans notre quotidien, dans la santé, cela sera une grande chance pour tous, en tant que patients et en tant que citoyens.
L'ensemble de la chaîne de valeur de la santé intègre-il l'IA de la même façon ?
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L'ensemble de la chaîne de valeur peut-être pas encore. En revanche, toutes les entreprises qui ont une activité de recherche ont intégré l'IA et sont en train de l'intégrer d'une manière encore plus puissante. Ainsi, on travaille aujourd'hui sur des cohortes de patients synthétiques, c'est-à-dire que nous travaillons pour développer, dans le process de développement d'un médicament, des données de patients synthétiques afin d'éviter d'avoir à tester certains médicaments ou certaines molécules ou certaines thérapies sur des patients en chair et en os. Bien sûr, cela n'évitera pas de faire des tests sur l'humain, mais en revanche, cela va permettre de tester à une bien plus grande échelle et dans des temps beaucoup plus réduits, faisant, par conséquence, avancer la recherche dans des temps, eux aussi, plus rapides.
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