L’Océan, médecin de demain, si…
Irène Frat
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Explorer, plutôt qu'exploiter. Alors que l'océan représente plus de 70 % de la surface de la planète, son exploration scientifique, certes en cours, n'en est paradoxalement qu'à ses débuts. Et encore, il s'agit souvent de tenter d'en extraire de nouvelles richesses - nodules ou terres rares. De fait, outre y déverser ses déchets - dont le plastique - l'Homme s'est jusqu'à présent surtout contentés d'exploiter, voire de surexploiter les ressources de l'océan. Un milliard de personnes sur terre dépendent, pour leur alimentation et leur apport en protéines, des produits de la mer. Mais sur les 90 millions de tonnes de poissons, crustacés, mollusques et autres animaux aquatiques pêchés chaque année dans le monde, plus de 20 millions ne servent qu'à l'industrie ou à nourrir des animaux, tandis que 35 % des captures relèvent de la surpêche, selon les données de la FAO, la Food and Agriculture Organization des Nations Unies.
En outre, « cette surpêche a entraîné la nécessité de faire de l'aquaculture, remarque Deborah Halimi, chercheure associée à l'Edhec Business School et spécialisée dans l'innovation et la santé. Or pour que les poissons survivent, l'aquaculture a recours aux antibiotiques, lesquels entraînent une dangereuse résistance, pour les microorganismes comme pour nous. » Autant dire que les océans sont maltraités et que ces abus affectent non seulement l'écosystème marin mais aussi les humains.
Irène Frat