« Moins de 1% de la Méditerranée est véritablement protégée » (Robert Calcagno – Institut océanographique de Monaco)
Gaëlle Cloarec
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Il y a d'abord cette bâtisse monumentale, agrippée à flanc de falaise, léchée par les vagues. Un palais-musée où l'art et la science se côtoient pour faire découvrir aux 650.000 visiteurs annuels les richesses du monde marin, son incroyable diversité, ses fragilités aussi, chaque année plus prégnantes. Face à ces menaces anthropiques et climatiques, une seule et unique mission, inchangée depuis 1906 et la création de l'Institut Océanographique de Monaco par le Prince Albert 1er : faire connaître, aimer et protéger l'océan. « Dès l'origine de la fondation, nous nous sommes efforcés d'être là où les besoins étaient les plus importants, de l'apport et la formalisation de la connaissance scientifique, totalement absente au début du XXe siècle, au défrichage du monde sous-marin par mon illustre prédécesseur, le commandant Cousteau », raconte Robert Calcagno, son directeur général.
Désormais, le cahier des charges de ce haut lieu maritime s'oriente davantage vers la médiation. « Il manque une courroie de transmission entre les différents acteurs de la gestion et de la protection des océans, qu'ils soient décideurs politiques, organisations institutionnelles, scientifiques, grand public ou acteurs économiques. Il s'agit de les faire dialoguer pour avancer, mieux et plus vite. »
Des avancées, justement, il y en a eu ces vingt dernières années. Longtemps absent des grandes discussions internationales, l'océan entre progressivement en grâce. En témoigne l'accord de Kunming-Montréal, adopté en décembre 2022 lors de la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique. Celui-ci vise à protéger 30% des eaux terrestres et intérieures ainsi que 30% des zones côtières et marines d'ici à 2030, au travers notamment de création d'aires marines protégées (AMP). Ces espaces-refuges constituent l'un des chevaux de bataille de l'Institut monégasque. Lequel, par le biais de son programme polaire, plaide avec le soutien du Chili et de l'Argentine d'une part, de l'Union européenne associée à huit Etats, dont Monaco, de l'autre, pour l'instauration de trois d'entre-elles dans les zones Australe et Antarctique. « Ces sanctuaires permettraient de mettre à l'abri de toute activité humaine une superficie de quatre millions de kilomètres carrés, soit le plus vaste projet de ce type de l'histoire de la protection de l'océan », relève le directeur.
Gaëlle Cloarec