PME et structures de recherche publique, deux mondes qui s'ignorent ?

Gael Cérez

Gael Cérez
Quelles relations entretiennent les PME de Midi-Pyrénées avec les structures de recherche publique (telles que le CNRS ou l'Inra, par exemple) et qu'en attendent-elles ? Pour répondre à ces questions, les CCI de Toulouse et de Midi-Pyrénées ont enquêté auprès de 263 entreprises de la région (l'an dernier, l'étude s'était limitée à une centaine de sociétés de Haute-Garonne).
Sur le panel de 263 sociétés, 232 sont des PME et 50 % ont moins de 10 salariés. Ingénierie et bureau d'étude (27 %), électronique et TIC (17 %), BTP (17 %), Agroalimentaire et développement durable (11 %), Aéronautique (11 %), Automobile (8 %) et biotechnologie (7 %), la plupart des secteurs de l'industrie régionale y est représentée.
Premier enseignement de l'enquête, 75 % des entreprises du panel déclarent faire de l'innovation technologique (86 %), de service (33 %), sociale ou sociétale (13 %), ou organisationnelle (10 %). La majorité de ces 196 entreprises "innovantes" compte poursuivre la démarche R&D dans les 5 ans à venir.
Pour celles-ci, collaborer avec une structure de recherche publique permet de développer un nouveau produit pour rester compétitif et accéder à des compétences non disponibles en interne.
Au contraire, parmi les 67 entreprises "non innovantes", 67 % n'ont pas l'intention d'engager une telle démarche dans les années à venir. L'absence de personnel qualifié semble constituer un frein car les deux tiers de ces entreprises indiquent "ne pas disposer des ressources nécessaires d'encadrement". En général, celles-ci ne savent pas à qui s'adresser ou comment mettre en place une collaboration avec un organisme de recherche.
Qu'elles soient innovantes ou non, les entreprises semblent peu connaître l'écosystème de la recherche en Midi-Pyrénées. "Un tiers des entreprises ne connaît aucune structure et seulement 34 % des entreprises innovantes en connaissent dans la région", déplore l'étude.
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Même constat pour les modes de financements.
Si le crédit impôt recherche est connu de la majorité, les autres dispositifs tels que les conventions Cifre (pour les doctorants), les crédits impôts innovation et les contrats d'appui région restent méconnus pour plus d'une entreprise innovante sur deux et pour moins de 20 % des non-innovantes.
Et de conclure : "Nous disposons d'organismes de recherche de qualité et de nombreuses sources de financements. Il y a un besoin de la part des entreprises. À nous de faire en sorte que la mayonnaise prenne pour que les petites entreprises aient accès à l'innovation." Le diagnostic est fait. Le chantier est ouvert.
Gael Cérez