"La finance est comme un marteau qui peut casser ou construire"
Propos recueillis par Ferdinand Kerssenbrock
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En quoi la finance solidaire peut-elle, selon vous, permettre la construction d'une nouvelle économie ?
Aujourd'hui, la vision dominante de la nouvelle économie consiste à se demander combien de "licornes" nous avons en France et quelle est leur valorisation. Avoir une boîte valorisée à un milliard de dollars mais qui a détruit des milliers d'emplois, je ne vois pas en quoi l'on peut être fier de cela. La nouvelle économie sera inclusive sur le plan social et durable, ou ne sera pas. La vraie question qui se pose à nous dans ce tournant majeur de nos économies est : "Comment les nouveaux acteurs qui voient le jour aujourd'hui peuvent servir à créer une société plus juste ?" Soit on se contente du statu quo qui risque de conduire au repli, soit on propose de nouvelles recettes. C'est ce dernier choix que j'ai fat.
J'ai créé le Comptoir de l'Innovation il y a six ans car, selon moi, la finance n'est pas une fin en soi, mais un outil au service de l'économie et de la société. La finance c'est comme un marteau, cela peut servir à casser une maison ou à la construire. La finance solidaire participe à l'émergence de nouveaux acteurs économiques, à la fois plus durables et qui œuvrent à une meilleure inclusion de tous les citoyens.
L'idée est séduisante mais n'avez-vous pas l'impression d'aller à contre-sens du courant économique dominant ?
C'est vrai qu'il n'y a pas encore de mutation claire dans les pratiques économiques ou managériales. Par contre, sur le plan des idées, les choses sont en train de bouger. Il y a encore beaucoup de travail pédagogique à réaliser pour montrer que l'on peut allier rentabilité et entrepreneuriat social. Les pratiques changeront dès lors que l'on utilisera le langage de la preuve.
Concrètement, quelle est la spécificité du Comptoir de l'Innovation comme financeur solidaire ?
Nous intervenons en haut et bas de bilan pour des montants compris entre 200 000 euros et 2 millions d'euros. Nous réalisons des prises de participation minoritaires jusqu'à 49 % du capital.
Propos recueillis par Ferdinand Kerssenbrock
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