Financement des startups face à la Covid : les levées boudées, le crowdfunding adoubé (2/3)
Sylvain Rolland & Pierrick Merlet
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Les startups françaises résistent à la crise et continuent de lever des fonds. Mais la Covid-19 a bel et bien brisé la belle dynamique d'hyper-croissance de la French Tech. D'après les calculs de La Tribune, les startups françaises ont levé 2,7 milliards d'euros entre janvier et juin, soit quasiment autant qu'au premier semestre 2019 (2,8 milliards d'euros). Mais si ce très léger recul (-3,5%) peut paraître anecdotique et rassurant à première vue, il est trompeur. Il révèle surtout que la crise économique a bel et bien stoppé net le très fort élan du capital-risque français, habitué à une croissance à deux chiffres à chaque semestre (+39% en moyenne sur les quatre dernières années au premier semestre).
C'est même la première fois, depuis la création du label French Tech en 2013 et donc de la structuration de l'écosystème, que le montant levé sur un semestre recule sur
un an. Dans le détail, les startups françaises ont levé, d'après les chiffres de La Tribune, 2,72 milliards d'euros au premier semestre 2020 contre 2,79 milliards au premier semestre 2019, pour 321 opérations contre 387 l'an dernier. Soit une baisse de respectivement -3,5% en valeur et de -17% en volume sur un an.
Plus finement, le premier semestre a été marqué par 54 levées de moins d'un million d'euros (96 au premier semestre 2019), 167 levées entre 1 et 5 millions d'euros (171 l'an dernier), 41 levées entre 5 et 10 millions d'euros (37 l'an dernier), 34 levées entre 10 et 20 millions d'euros (23 l'an dernier), 15 levées entre 20 et 50 millions d'euros (20 l'an dernier), 8 entre 50 et 100 millions d'euros (9 l'an dernier), et 6 méga-levées de fonds d'au moins 100 millions d'euros (5 l'an dernier).
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Autrement dit, la crise de la Covid-19 a porté un sacré coup à l'amorçage, notamment aux toutes petites opérations de moins d'un million d'euros dont le nombre a été quasiment divisé de moitié. Une situation qui s'explique par l'incertitude économique, qui pousse les business angels à vouloir minimiser le risque en misant moins sur de toutes jeunes pousses qui ont encore tout à prouver, et poussant les investisseurs à se concentrer sur leur portefeuille actuel.
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