Alors que l'impression 3D, apparue dans les années 1980, a longtemps concerné des matériaux non biologiques (métaux, plastiques,...), la bio-impression 3D, capable de créer couche par couche des tissus biologiques, ouvre de nouvelles voies en médecine générative.
Avec des projections de croissance annuelle de plus de 20 % jusqu'en 2033 (étude Global Grow Sight), le marché connaît une expansion rapide, porté par une demande croissante de solutions de soins personnalisés. En chirurgie orale, les besoins cliniques sont nombreux, en particulier dans le domaine de l'implantologie dentaire. Ainsi, sur les deux millions d'implants réalisés chaque année en Europe, la moitié nécessite un complément osseux pour pallier la résorption de l'os alvéolaire. Jusqu'à présent, il existait deux méthodes : l'autogreffe - le praticien récupère de l'os du patient sur une autre partie de la mâchoire ou du corps pour le replacer sur le site osseux, une chirurgie assez lourde exigeant une expertise élevée - ou l'utilisation de biomatériaux d'origine bovine ou synthétique (sous forme de poudre ou de pâte) pouvant poser des soucis de résorption.
Après quatre ans de recherche, Kervalion a trouvé une alternative en modélisant en 3D un greffon d'os à partir du scan du patient. Créée en janvier 2025 à Montpellier, la biotech montpelliéraine a dû lever deux verrous majeurs : trouver un biomatériau et pouvoir l'utiliser en impression 3D.
« Nous avons développé et breveté un matériau composé de polymère biosourcé, de phosphate de calcium et de minéraux à base de zinc apportant un effet antibactérien et diminuant le risque d'échec du greffon, vulgarise le Dr Habib Belaid, fondateur de Kervalion.L'impression 3D permet de reproduire au micron près le défaut osseux à combler et joue sur l'architecture interne du greffon - taille, forme, interconnexion des pores -, ce qui a une incidence sur l'ostéo-induction, c'est à dire sur le pouvoir de l'os de se régénérer. La pose du greffon, qui nécessitait traditionnellement plusieurs mois de cicatrisation entre le comblement osseux et la pose de l'implant, se fait en une seule intervention, en simultané avec celle de l'implant. Pour le praticien, allégé dans son travail (un seul rendez-vous au lieu de 3 ou 4 habituellement, NDLR), c'est pratiquement du plug and play avec un produit directement utilisable. »