Officiellement lancée ces jours-ci, l’application Opale permet à une femme de mesurer son degré d’exposition aux violences conjugales. L’accès est gratuit pour l’utilisatrice. Selon son modèle économique, Opale prévoit de vendre sa solution à des entreprises qui la mettront ensuite à disposition de leurs employées.Qu'elles soient sexuelles, physiques ou psychologiques, une femme sur dix en France, et dans une bien moindre mesure les hommes, est victime de violences conjugales. Si la Montpelliéraine Vigdis Morisse Herrera s'est lancée dans le développement de l'application Opale, c'est qu'elle a elle-même été victime d'un conjoint violent.
« Il m'a fallu trois ans pour mettre des mots sur ce que j'ai vécu et pouvoir déposer plainte,témoigne-t-elle.Cette application est l'outil dont j'aurais eu besoin à l'époque pour gagner du temps. »
Opale propose de répondre, le plus souvent par oui ou par non, à 200 questions du type « ton conjoint choisit-il tes vêtements ? » ou « insiste-t-il pour avoir des rapports sexuels avec toi ? ». Les questions ont été élaborées sur la base de travaux de chercheurs qui étudient le contrôle coercitif dans les violences conjugales, un précepte juridique très largement étudié au Canada et qui fait débat en France. A l'issue du questionnaire, un diagnostic est associé à un degré d'exposition aux violences conjugales. La majorité des répondants sont des femmes mais le questionnaire est aussi ouvert aux hommes. Le remplir prend 10 à 15 minutes environ.
« Aujourd'hui, les deux tiers des plaintes pour violences conjugales concernent des faits de violence physique,assure Vigdis Morisse Herrera. Or ces dernières ne sont pas le premier acte de violences, mais des prémices, des signaux faibles ont souvent eu lieu précédemment, qu'on identifie mal à l'heure actuelle ».