B.Bonnell: La robotique sera pourvoyeur de "20 à 25 % du marché de l'emploi d'ici 2050"
Maxime Hanssen
Maxime Hanssen
C'est une prévision qui devrait interpeller plus d'un responsable économique ou politique. Selon Bruno Bonnel, père de la robotique française, ce secteur sera pourvoyeur "de 20 à 25 % du marché de l'emploi d'ici 2050. Et 100% des jeunes qui s'orienteront vers ce secteur trouveront un travail", affirme à Reuters celui qui s'est vu confier par le gouvernement une mission pour organiser la filière robotique française.
Cet homme de 56 ans a investi dès 2006 dans la robotique en montant Robopolis, une start-up spécialisée dans la distribution de robots de service comme l'aspirateur Roomba (100 millions d'euros de chiffre d'affaires et 90 employés), puis Awabot, développeur de logiciels et de systèmes de téléprésence, ou encore le fonds d'investissement Robolution Capital (80 millions d'euros de chiffre d'affaires).
Selon l'entrepreneur lyonnais, cette filière est un véritable levier de croissance pour l'économie française. "C'est un secteur de l'industrie qui enregistre une croissance à trois chiffres depuis cinq ans, relève l'ancien fondateur d'Infogrames, qui prédit que "la robotique prendra bientôt la place occupée par internet dans les années 2000, ou celle de l'informatique dans les années 80".
Le secteur apparaît aujourd'hui comme un véritable gisement de startups. "Il y a deux ans, au moment du lancement du fonds d'investissement Robolution Capital, nous recevions un dossier par mois. Aujourd'hui, c'est un dossier par jour", dit-il.
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La scène lyonnaise est particulièrement présente sur ce créneau. Dynamisées par le salon Innorobo, des startups locales gagnent en visibilité, à l'instar de la jeune pousse Evotion, fondée par Maxime Vallet, un ancien collaborateur de...Bruno Bonnel. Celle-ci, qui propose des robots pour l'événementiel, espère réaliser un chiffre d'affaires de 300 000 euros en 2015 et ambitionne de conquérir l'Europe d'ici 2019.
Pour conjurer les peurs de certains en France, notamment la menace sur l'emploi que ferait craindre l'essor de cette activité, l'entrepreneur fait référence à l'économiste autrichien Joseph Aloïs Schumpeter. Il invoque ainsi la théorie de la "destruction créatrice".
De fait, tout un vivier de "nouveaux métiers" comme téléopérateur, téléguide de robots à distance ou de pilote de drones. Les villes de demain seront un terrain de jeux particulier, comme par exemple pour la circulation :
Cependant, si la France est force d'innovation, cette révolution n'est pas encore entrée de plain pied dans l'industrie. "La France est effectivement cinq fois moins équipée que l'Allemagne en robots industriels, et trois fois moins que l'Italie", reconnaît Bruno Bonnell. "Mais ça veut simplement dire que notre tissu industriel est moins important", relativise-t-il.
Mais ce retard pourrait devenir un levier de croissance. "Il y a donc en France un marché potentiel très important, c'est une chance pour ses entreprises qui bénéficieront ainsi des derniers équipements de pointe et offriront d'importants marchés aux entreprises spécialisées dans la robotique", estime l'entrepreneur.
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Un dernier chiffre pourrait faire tourner la tête à de nombreux chefs d'entreprises et de responsables publics, alors que le chômage ne cesse de progresser : le marché de la robotique, qui représente aujourd'hui 15 milliards d'euros dans le monde, promet d'atteindre les 100 milliards d'euros d'ici 2020.
(avec Reuters)
Maxime Hanssen
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