Google Impact : la Banque alimentaire du Rhône ré-invente la collecte des invendus
Maxime Hanssen
Maxime Hanssen
La révolution numérique s'invite jusque dans le monde associatif. Le géant américain Google a lancé un concours à destination des structures sociales. Le but ? Utiliser la technologie pour agir sur le monde. Parmi les dix finalistes du Google Impact Challenge, la Banque alimentaire du Rhône a été sélectionnée pour son projet de création d'application visant à rationaliser la collecte des denrées alimentaires périssables.
Pour imaginer cette "appli", intitulée "B.A Microdon", la structure est partie d'un constat simple : la collecte auprès des petits commerces, marquée par des quantités faibles, engendre un coût parfois insurmontable pour l'association.
Mais ne pouvant pas se passer de ces dons, dans un contexte social où la demande est très forte, il a donc fallu imaginer une solution. Ainsi, l'application souhaite mettre en relation les 125 associations adhérentes de la Banque alimentaire et les petits commerces de moins de 300m², afin que ces derniers redistribuent leurs invendus, sans intermédiaire physique de la banque.
Ce schéma engendre également une meilleure réactivité afin de dispatcher des aliments périssables très rapidement. In fine, le dispositif permettrait de récupérer environ 830 tonnes par an, soit 1,8 million de repas annuels. Cela serait un nouveau gisement non négligeable pour l'association, qui distribue chaque jour 30 000 repas et qui collecte cinq mille tonnes de nourriture par an.
Cette initiative intervient alors que la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, fait le forcing pour inciter les grandes surfaces à lutter contre le gaspillage alimentaire. Les structures de moins de 300m², visées par le dispositif de la Banque, pourraient adhérer à cette idée par un facteur incitatif non négligeable pour elles : "la défiscalisation, à hauteur de 66% est un levier qui permet d'augmenter les dons", assure le président.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Mais pour éviter que cela devienne un business pour les magasins, sans respecter la qualité des dons, l'application se dotera d'un moyen d'évaluation, comme sur les portails Yelp ou TripAdvisor.
Pour financer ce projet, l'association vise donc l'une des quatre premières places du concours afin de bénéficier de la dotation financière de 500 000 euros promis par Google. La décision est désormais dans les mains du public, qui vote en ligne pour le projet qu'il souhaite. Mais la concurrence s'annonce rude avec des initiatives très pertinentes, à l'image des projets "ticket for change" qui accompagne les premiers pas des entrepreneurs du changement, ou Voxe, la plateforme qui vise à donner des informations neutres aux citoyens afin de faciliter leur engagement.
En cas de victoire, cette somme permettrait à la Banque d'embaucher un chef de projet, de développer l'application, ainsi que de créer la charte d'adhérent pour ce projet.
Mais plus de 200 000 euros seraient réservés au développement de l'application dans les autres banques alimentaires du territoire national, voire chez les autres structures associatives comme les Restos du coeur, si elles le souhaitent.
À lire également
Si l'idée ne concerne pour le moment que la petite collecte, M. Valon estime que cela pourrait ouvrir des portes. "C'est une opportunité inouïe de repenser la collecte alimentaire. Ce premier développement pourrait ouvrir de nouvelles perspectives", conclut-il.
Maxime Hanssen
Recyclage des aimants : à Grenoble, une ligne pilote au cœur de la bataille des terres rares
Navettes volantes : SeaBubbles en quête de repreneurs pour survivre
Circuits électroniques pour l'IA : Nvidia entre au capital de Scintil Photonics
La start-up lyonnaise Y-Brush confrontée au ralentissement du marché américain