Microbia Environnement s’attaque aux micro-algues toxiques
Idelette Fritsch
Idelette Fritsch
C'est pour rapprocher recherche fondamentale et utilisateurs finaux et « répondre aux besoins en diagnostic environnemental exprimés par les collectivités et les usagers de l'eau » que Delphine Guillebault et Carmem-Lara Manes, deux chercheurs spécialisées en microbiologie et biotechnologie, ont quitté la recherche académique pour créer leur start-up Microbia Environnement, spécialisée dans le diagnostic génétique en microbiologie environnementale.
En février 2015, le duo acquiert, auprès d'un consortium européen de sept inventeurs, la licence exclusive d'exploitation d'une solution innovante de détection moléculaire des micro-algues toxiques.
Le kit permet d'identifier et quantifier simultanément 40 espèces de micro-algues toxiques actives dans l'eau de mer ou saumâtre, en moins de quatre heures.
Plus rapide que les tests réglementaires d'une durée entre deux et dix jours, cette solution innovante au service de l'anticipation du risque ouvre de réels débouchés notamment en région, en cas par exemple de pollution des eaux par présence d'Alexandrium, une micro-algue toxique dont le taux de toxicité a stoppé, en octobre 2015 (mais également en 1998), toute la production conchylicole de l'étang de thau.
Pré-commercialisé à partir de décembre 2014 en Europe sous la forme d'un bêta-test visant à « ouvrir l'accès à une première version en développement que nous avons améliorée grâce au retour des utilisateurs finaux », le kit a convaincu ses premiers clients : parmi eux, l'agence de surveillance de l'eau Marine Scotland Science (MSS) en Écosse, ou l'observatoire océanologique Sir Alister Hardy Foundation for Ocean Science en Angleterre.
Microbia Environnement passe désormais en phase deux du projet, pour une commercialisation du kit courant 2016. L'entreprise qui a bénéficié d'effets de levier avec un investissement de 50 000 € du fonds régional d'aide à l'innovation Créalia, annonce une levée de fonds via le programme accélérateur de start-ups Start'up Side. Celle-ci devrait être bouclée fin mars 2016, pour un objectif de 200 000 €.
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Par ailleurs, l'entreprise développe une autre application du kit : un biogénocapteur utilisant les mêmes signatures génétiques de la bio-puce, mais embarqué sur un système portatif qui permettra un usage autonome pour les utilisateurs.
Idelette Fritsch
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