E-santé : labellisée "Plateforme d'innovation", Platinnes veut faire gagner du temps aux entreprises
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Platinnes, à l'origine une association portée par le Centre e-santé, deviendra une Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) en juin prochain. Présidée par Jean-Louis Fraysse, par ailleurs directeur de la PME Sadir assistance, la plateforme e-santé a reçu le label "plateforme d'innovation" après avoir reçu la labellisation conjointe d'Aerospace Valley et de Cancer-Bio-Santé. L'objectif est de "fédérer un certain nombre de familles : institutionnels, professionnels de santé, entreprises... Faire que les acteurs se regroupent pour aller chercher les compétences", souligne Jean-Jacques Romatet, directeur général du CHU de Toulouse, un des acteurs de Platinnes.
La plateforme rassemble PME, grands groupes, collectivités locales, opérateurs, bénéficiaires et financeurs qui vont collaborer afin de mettre en œuvre des solutions pertinentes. A l'heure actuelle, l'aspect technologique n'est pas le vrai problème. Les difficultés viennent généralement de l'organisation qu'il faut mettre en place autour des projets et de l'innovation. "Platinnes fera gagner du temps aux entreprises qui montent leur projet", estime Jean-Jacques Romatet. "Depuis quelques années, il y a beaucoup d'appels à projets, appuie Julien Venne, directeur du Centre e-santé. Le problème, c'est qu'après le pilote, ça ne suit pas. L'objectif ici est de pérenniser les projets."
Manque de financement
Platinnes aura donc un rôle d'évaluateur des différentes solutions. Plusieurs critères seront pris en compte : le service médical rendu, le modèle organisationnel, la technologie, l'acceptabilité par le patient et l'ergonomie, le modèle économique et l'aspect juridique. En regroupant ces expertises, Platinnes doit accélérer le processus de e-santé. Les solutions ainsi générées doivent répondre aux besoins des déserts médicaux comme des centres urbains qui font face à des demandes croissantes.
Pour le président de Platinnes Jean-Louis Fraysse, "le problème de la e-santé, c'est aussi le manque de financement. On ne pourra la développer qu'avec un modèle économique pertinent." La plateforme a reçu 800 000 € d'aide ministérielle, "qui ne seront utilisés que s'il y en a besoin, assure Julien Venne, directeur du Centre e-santé, très impliqué dans le projet. Le business plan nécessitait l'apport d'un financement pendant trois ans et demi. "A terme, l'objectif est de créer des bénéfices. Les évaluations seront facturées en fonction de la complexité des dossiers. "Nous voulons permettre à tous les acteurs d'avoir accès au marché", assure Jean-Louis Fraysse.
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Paul Périé
© photo DR
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