Ce scientifique toulousain veut mettre des fils d'argent sur les avions

Gael Cérez
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Fabriquer un plastique capable de conduire l'électricité, l'idée fait rêver les scientifiques depuis la moitié du 20e siècle. Les applications potentielles d'un tel matériau sont en effet considérables pour des secteurs où la légèreté et la conductivité électrique sont capitales, comme l'aéronautique et le spatial par exemple.
Malheureusement, "les résultats ont toujours été limités", explique Antoine Lonjon, chercheur au Centre inter-universitaire de recherche et d'ingénierie des Matériaux (Cirimat), à Toulouse, car les fines billes de métal ajoutées jusque-là aux polymères rendent les matériaux plus lourds, moins souples et moins résistants aux chocs". En un mot, inutiles pour l'industrie.
Aujourd'hui maître de conférences à l'université Toulouse III - Paul Sabatier, Antoine Lonjon s'est attelé à ce défi depuis son doctorat (2007-2010). Son intuition : remplacer les billes métalliques par de petits fils. Une modification qui permet de faire passer le courant "avec une quantité de métal sept fois inférieure", assure le chercheur de 39 ans.

Antoine Lonjon présente une image des fils d'argents utilisé dans les polymères. © photo Rémi Benoit.
Métal utilisé, taille des fils, le chercheur mène de nombreux essais. "Si les fils étaient trop longs et fins, ils se cassaient. Trop courts, ils conduisaient mal l'électricité, raconte Antoine Lonjon. Nous avons finalement choisi l'argent car il résiste à l'oxydation, est relativement léger et surtout, moins cher que l'or ou le platine." Finalement, le polymère conducteur conçu par Antoine Lonjon est chargé de fils d'argent microscopiques dont la longueur ne dépasse pas le rayon d'un cheveu, tout en étant 250 fois moins épais. Il est breveté en 2008.
Gael Cérez