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INNOVATION - La Tribune ToulouseStart-up - La Tribune Toulouse

Le "Grand Builder" est né, un bâtiment pensé pour les start-up

Photo de Gael Cérez

Gael Cérez

Publié le 16 février 2015 à 14:30 - Mis à jour le 17 février 2015 à 10:41

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Inauguré par Axelle Lemaire, la secrétaire d'État au numérique, vendredi 13 février, le Grand Builder est le nouvel accélérateur de la société Ekito. Dans la soirée, 450 personnes s'y sont pressées pour découvrir un bâtiment imaginé et réalisé pour les start-up. Visite guidée.

Rue Gabriel Péri, une petite foule se presse devant les portes du Grand Builder. Inauguré le matin même par la secrétaire d'État au numérique, Axelle Lemaire, le nouvel écrin d'Ekito attire le gotha du numérique et du politique toulousain.

Visite guidée

Tartine de confiture d'olives noires et verre à la main, les convives tentent de visiter les lieux sans trop se bousculer. À l'entrée, une petite cuisine ouverte sur le hall d'accueil. Sur la gauche, un petit salon épuré et, dans son prolongement, un studio d'enregistrement. Une réminiscence de l'ancienne occupante des lieux, la radio NRJ.

Au bout d'un grand escalier en bois, le premier étage s'ouvre sur une pièce occupée d'une large table en bois clair. Sur la droite, plusieurs salles aux murs couleur ardoise où des créatifs ont déjà écrits quelques mots. Dans un coin, un petit réduit tapissé de mousse anti-bruit. Là, au creux de cette "Silence zone", la rumeur de la fête se ferait presque moins entendre. Las, la place est pleine de visiteurs extasiés.

Un étage plus haut, l'une des salles est condamnée. L'autre ressemble à un amphithéâtre où les auditeurs s'assiéraient sur une tribune faite de caisses en bois. En face, la paroi s'illumine au gré d'un vidéo-projecteur. Sur le côté, encore un mur ardoisier, orné de la question "What's next, captain ?". En dessous, à hauteur d'homme, ou plutôt de femme, un coq calligraphié et l'exclamation "The future, my friend", rappelle le passage d'Axelle Lemaire.

Encore une porte à franchir, et nous voilà dans le bureau de Benjamin Böhle-Roitelet, le fondateur d'Ekito. Sur la table, des bouteilles de whisky japonais et des fortune cookies, ces petits gâteaux contenant un message en papier. "Ils contiennent une mission à réaliser pour les start-up, avait expliqué Benjamin Böhle-Roitelet, au cours de la soirée. Comme pour une création d'entreprise, il y a quelques risques. Seuls les plus courageux y joueront."

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Dans la matinée, Axelle Lemaire s'était prise au jeu. "Elle devait mettre en pratique dans son métier des usages des start-up, raconte le fondateur d'Ekito. Elle a dit dans son discours à la mairie le midi qu'elle mettrait plus de collaboratif, plus d'outils numériques et moins de protocole."

Un bâtiment aux multiples espaces

Et sinon, ce Grand Builder ? "Avec notre architecte Pascale Baoussan, nous avons pensé ce bâtiment après 10 ans d'observation de notre travail quotidien. Dans le secteur des accélérateurs, nous sommes des anciens", note Benjamin Böhle-Roitelet.

"Nous l'avons testé pendant les travaux, ce qui nous a permis de faire évoluer le projet. Les ouvriers travaillaient encore au rez-de-chaussée que nous avions déjà investi les étages. Il y a eu un vrai échange entre les locataires et ceux qui l'ont construit."

Ainsi sont nés les différents espaces de ce bâtiment de 500 m2 : un par fonction. Au rez-de-chaussé, un studio pour "podcaster les conférence ou réaliser des sons" et surtout, "un grand espace d'accueil où nous accueillerons des conférences sur l'univers technologique et artistique, détaille Laurent Blondon, le cogérant d'Ekito. C'est aussi un espace de travail baptisé "sand box" (bac à sable, en français, NDLR) où nous allons tester et consolider les start-up qui viennent vers nous."

Seule une dizaine de jeunes pousses sera retenue chaque année, après un mois passé dans le bac à sable. Pour l'instant, le Grand Builder en héberge quatre : MoiChef, Telegrafik, Demooz et FlightWatching. "Toutes ne seront pas toulousaines, espère Laurent Blondon. La French Tech va sans doute faire venir des gens de Paris, de New York, etc..."

Au premier étage, "c'est l'étage des start-up retenues, le Grand Builder en personne, poursuit Laurent Blondon. Notre modèle - importé des USA - est unique en France. Là où les autres accélérateurs conseillent et aident à lever des fonds, nous aidons à construire les projets en amenant les moyens nécessaires."

Parmi les 40 experts qu'Ekito peut détacher auprès des start-up, les designers sont loin d'être laissés pour compte. Dans la "war room" un espace dédié leur est même consacré. "Axelle Lemaire a reconnu l'importance que nous donnions au design dans l'accompagnement des start-up", note Benjamin Böhle-Roitelet.

Après un mois de préparation à l'accélération, les jeunes entreprises entrent dans le "time box", une séquence de trois mois au bout de laquelle elles devront "sortir quelque chose".

"C'est une contrainte de temps nécessaire pour produire, explique Benjamin Böhle-Roitelet. Nous le faisons parfois à l'étranger en louant un appartement à Barcelone pendant quelques jours pour immerger les entreprises dans un processus de création. C'est comme une résidence d'artiste."

Ensuite, un accompagnement de six mois en moyenne permet à l'entreprise de commencer à embaucher avant de gagner son autonomie et de quitter le cocon du Grand Builder. Là encore le souci du détail impressionne. "Nous avons prévu des cabines téléphoniques pour permettre aux start-upers de communiquer dans de bonnes conditions, précise le fondateur d'Ekito. Dans nos précédents locaux, nous avions remarqué qu'ils allaient téléphoner dans le local technique dédié aux serveurs."

A-t-il un prix ce beau bâtiment ? Sans doute, mais son secret est bien gardé. "Ce qui est important, c'est la valeur dégagée", sourit Benjamin Böhle-Roitelet. On saura juste que le bâtiment était dans un "piètre état" au début du chantier et qu'il ne ressemblait "pas du tout" au Grand Builder actuel. À chacun d'estimer l'investissement...

"Satisfait mais pas fier"

Vendredi, alors que les 450 visiteurs du soir découvrent les originalités du bâtiment, Benjamin Böhle-Roitelet, assis à son bureau, reçoit les félicitations, le sourire aux lèvres. "Merci pour l'invitation, c'est très beau", glisse Édouard Forzy, le co-président de la Mêlée. Est-ce de la fierté que l'on perçoit dans le regard ? Pas du tout, assure le jeune patron d'Ekito :

"Je ne dirais pas que je suis fier de ce projet car ce n'est pas l'objectif premier. Nous nous sommes lancés sans trop connaître le sujet final. Ce bâtiment, nous avons senti qu'on pouvait y faire quelque chose. Nous avions la méthodologie, l'expérience, le bâtiment... Je suis un homme de projet. Je suis très satisfait de voir celui-ci aboutir et d'avoir vécu une belle aventure humaine. Ce soir, certains ouvriers sont venus avec leurs familles. Leurs enfants ont aimé le bâtiment. Et, si eux l'aiment, c'est qu'il est très bien.

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Les rois et les pirates d'Ekito

Visibles sur les murs du Grand builder, les trombines d'un roi et d'un pirate représente l'une des méthodologies d'Ekito : croiser les usages utilisés pour les starts-up et les grands groupes. "Nous mettons en place chez les grands groupes que nous conseillons, des pratiques testées par les start-up, explique Laurent Blondon, le co-gérant d'Ekito. A contrario, celles-ci s'intéressent à l'expérience des grands entreprises. => En savoir plus sur les rois et les pirates ?

Gael Cérez

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