À Toulouse, Sunwaterlife invente un purificateur d'eau pour l'Afrique

Florine Galéron

Florine Galéron
Hervé Le Berre fait rouler la grosse malle noire comme une valise. À l'intérieur sont nichés des panneaux solaires dépliables et le purificateur d'eau. Équipé d'une pompe, le système aspire l'eau douce et la fait passer par différents microfiltres pour la rendre potable. "Le purificateur peut traiter 800 litres par jour et il suffit de 5 minutes pour le mettre en marche", lance Christophe Camperi-Ginestet.
Formé à Toulouse, l'ingénieur et docteur en micro-électronique vient de lancer avec son associé Hervé Le Berre la commercialisation du purificateur Aqualink. Les fondateurs de la start-up Sunwaterlife sont tous les deux des experts en énergie renouvelable. En 2006, ils ont créé ensemble une société de panneaux solaires. En France, le marché est plutôt morose et, à l'époque, "la règlementation change tous les six mois". Dès 2009, les deux associés se tournent vers le marché africain. Sur le terrain, ils remarquent que "les zones où il n'y a pas d'électricité sont aussi celles où il n'y a pas d'accès à l'eau potable : c'est la double peine. Mais pour ces populations, l'accès à l'eau potable est plus important que l'électricité, qui relève du confort."
De ce constat naît l'idée d'un purificateur d'eau portable à destination des zones isolées les plus touchées par cette eau impropre à la consommation. "Le système devait être simple d'utilisation et ne nécessiter pratiquement aucune maintenance. Dans certains pays, Médecins sans frontières a mis en place des pompes à bras pour purifier l'eau mais les habitants ne les utilisaient plus uniquement car un écrou s'était dévissé et qu'ils ne savaient pas comment le réparer !", poursuit l'ingénieur. Autre contrainte technique, la malle devait peser moins de 60 kilos : "Dans l'armée, c'est le maximum qu'il est possible de porter à dos d'homme", explique Christophe. La malle fait finalement 40 kilos et, grâce aux panneaux solaires, elle peut fonctionne de manière autonome, même dans la brousse.
Pour le moment, cinq appareils ont été vendus au Cameroun, au Niger et au Laos.
Vendu à 6 000 euros, le système a un coût de revient de 0,5 centime le litre dans des pays où une bouteille d'eau est vendue entre 20 et 60 centimes d'euros. Pour l'instant, les malles sont fabriquées à Toulouse au sein même de l'Incubateur Midi-Pyrénées où la start-up est hébergée depuis l'automne. La société espère vendre 50 mallettes en 2015 et un sous-traitant s'est déjà manifesté à Toulouse pour les produire en série. Pour accélérer la commercialisation et son développement, la start-up a lancé le 27 mars dernier une campagne de financement participatif sur la plateforme régionale Wiseed. Objectif : lever 300 000 euros. En parallèle, les deux associés veulent mettre au point d'ici l'été un purificateur d'eau potable pour... l'eau salée cette fois.
Florine Galéron
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