Startup : Ateliers Tersi met la clé sous la porte (et ce n'est pas un échec)

Sophie Arutunian

Sophie Arutunian
On l'oublie souvent, mais peu de startups deviennent "les champions de demain". Avoir une bonne idée ne suffit pas, comme l'a prouvé ce lundi 9 mai la startup toulousaine MoiChef, qui a lancé un SOS sur Facebook en indiquant qu'elle n'avait plus d'argent.
Ce vendredi 13 mai, c'est Ateliers Tersi qui annonce catégoriquement la fin de l'aventure. Créée en 2014 par un étudiant de TBS Arnaud Tersiquel, la petite société avait pourtant séduit investisseurs, médias et artistes de renom. En effet, Matali Crasset et Gontran Cherrier ont notamment participé à la création de gammes de chaussures pour Ateliers Tersi. Car c'était la proposition de la startup : dessiner avec des artistes des chaussures de femmes uniques et design, entièrement fabriquées en France. Arnaud Tersiquel se lançait dans l'aventure avec un atout (et une pression ?) : son grand-oncle avait créé avec succès les ateliers de fabrication de chaussures Myma en 1934, à Toulouse.
"Oui mais voilà... explique aujourd'hui le jeune homme sur Facebook, relancer une histoire familiale à 22 ans, sans expérience dans le secteur, s'engager à faire du Made in France sans jamais faillir, afin de prouver que c'est encore possible, c'est un challenge difficile".
Aujourd'hui, Ateliers Tersi n'est pas rentable, mais c'est surtout une levée de fonds ratée qui a conduit à la fermeture de la société. "Nous recherchions 150 000 euros mais, pour diverses raisons, plusieurs investisseurs se sont désistés", explique Arnaud Tersiquel. À cela s'ajoutait des problèmes liés à la distribution. La société faisait vivre trois personnes.
"Crasher sa startup fait partie du cycle de vie de la startup", estime, serein, celui qui vient de mettre fin à une aventure entrepreneuriale de deux ans.
"Toutes les startups n'ont pas vocation à devenir des PME puis des ETI. La croissance oblige à prendre des risques. Parfois, le risque est de faire mourir la startup, et ce n'est pas grave", assure Arnaud Tersiquel, décidément prêt pour la prochaine conférence Failcon.
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Fier de son aventure entrepreneuriale, Arnaud Tersiquel ne regrette rien, pas même les sacrifices personnels consentis pour mener à bien son projet :
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Aujourd'hui, l'entrepreneur, également fondateur de l'espace de coworking At Home, va s'investir davantage dans cette association, "qui va annoncer dans quelques jours des choses impactantes pour la ville de Toulouse". Un déménagement serait notamment à l'ordre du jour.
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