Startups : "beaucoup frappent aux portes des financeurs, peu repartent avec un chèque"

Propos recueillis par Paul Périé
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En quoi le financement des startups est différent de celui des autres entreprises ?
La spécificité principale est qu'on n'est pas dans un système de financement traditionnel, c'est-à-dire basé sur le prêt bancaire. La création d'une entreprise est toujours une prise de risque. Mais le business model d'une startup va être amené à évoluer, ce qui représente un risque beaucoup trop grand pour les banques. Cela dit, les choses sont en train de changer car le secteur bancaire est pragmatique. Les banques se disent qu'il est peut-être dommage de passer à côté du prochain Google ou Apple et fournissent aujourd'hui des produits adaptés. Cela dit, selon les étapes de croissance d'une startup, les financements sont différents.
Pouvez-vous spécifier ces différences ?
En incubation, au début de l'histoire d'une startup, le financement se fait essentiellement à travers le love money. Ce qu'on appelle en anglais les 3F (friends, family and fools) ou en français les 3C (copains, cousins et cinglés). Depuis 2000, ce love money s'est beaucoup développé. Ensuite, il y a les aides publiques et les concours. Et, enfin, les incubateurs ou accélérateurs. Il faut d'ailleurs différencier les deux. L'incubateur est un espace permettant aux jeunes entreprise de passer de la simple idée au développement commercial. L'accélérateur, généralement une structure privée, s'implique davantage dans le développement commercial de la startup.
Vient ensuite la période d'amorçage. Quelles sont les sources de financements à ce moment-là ?
En phase d'amorçage, la société n'est pas encore rentable mais c'est une période de dépenses. Les premiers apports en capital arrivent alors, au travers des business angels, des financements publics, des fonds d'amorçages ou du crowdfunding.Il existe trois formes de crowdfunding : don contre don, prêt et equity.
Cependant, en 2014, les business angels représentaient 73 % des fonds européens d'amorçage avec 5,5 milliards d'euros. En France, on compte 10 000 business angels et leur investissement représentait 1,7 ‰ du PIB, contre 2 ‰ en Allemagne, 4,4 ‰ au Royaume-Uni et 4,6 ‰ en Suède.
Propos recueillis par Paul Périé