Les négociations s'annoncent conflictuelles en Europe

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Ces dernières années, c'était au nom de la compétitivité que les salaires devaient rester sages. La croissance revenue et l'amélioration sur le front du chômage n'auront pas fait évoluer les choses. Voilà que c'est au nom de la lutte contre l'inflation - la hausse des prix étant de retour dans toute l'Europe - que les salariés devraient faire des efforts. Ce qui ne les empêche pas de porter leurs revendications devant le patronat.Au-delà des négociations en Allemagne qui s'annoncent délicates (voir ci-dessus), celles qui sont déjà en cours aux Pays-Bas sont elles aussi tendues. Les syndicats ont demandé des hausses de salaires d'une moyenne de 3 % pour 2008, mais certains secteurs, ou même certaines entreprises, les refusent. C'est ainsi le cas du service postal, libéralisé, et dont le leader a annoncé cet été un gel des augmentations sur trois ans... 50.000 salariés sont affectés.Du coup, les menaces de grèves se multiplient. En décembre dernier, le même type de scénario se produisait au Royaume-Uni. Alors que le Premier ministre britannique jurait de contenir les hausses de salaires des fonctionnaires en ne revalorisant pas les soldes à partir de septembre, les policiers, premiers touchés par la mesure, agitaient le spectre de la grève. Le dispositif aurait en effet fait passer leur augmentation de 2,5 % à seulement 1,9 %. Et s'ils regardent les avancées dans le secteur privé, les " bobbies " ont de quoi être frustrés : sur les trois derniers mois (jusqu'à janvier), les négociations salariales privées ont donné lieu aux hausses les plus élevées depuis 1994, soit 4 %, contre 3,4 % pour les trois mois précédents.Reste qu'il n'y a pas de recette miracle pour obtenir les augmentations salariales souhaitées. L'Allemagne a beau avoir eu une meilleure croissance et un chômage en baisse, il n'est pas dit que les syndicats, pourtant très organisés, obtiendront gain de cause malgré des revenus réels en recul de 1,3 % par rapport à ceux de... 1991. Quant aux Espagnols, alors que leur pouvoir d'achat est sérieusement érodé par une inflation qui dépasse les 4,3 %, ils pâtissent de la proportion très élevée de temps partiel (environ 32 %) et d'une large communauté de travailleurs étrangers, deux éléments rendant la mobilisation difficile.La situation est aussi tendue en Italie : les salariés visent 100 euros nets de plus par mois, mais via une défiscalisation des augmentations, tandis que le patronat veut englober cette discussion dans une négociation plus large sur l'amélioration de la productivité. Et les syndicats menacent de faire grève le 28 janvier...

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