Dmitri Medvedev met l'accent sur l'indépendance de la justice

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Dmitri Medvedev a dévoilé vendredi à Krasnoïarsk, en Sibérie, un programme libéral légèrement dissonant en regard de l'étatisme prôné par Vladimir Poutine. Légèrement, car, à deux semaines de l'élection présidentielle, le timide dauphin de 42 ans n'a pas vraiment intérêt à se démarquer de l'actuel maître du Kremlin que les Russes auraient préféré voir garder son poste, si l'on en croit les sondages.La déviation de l'orbite poutinienne porte sur la liberté économique et individuelle, placée sur un piédestal. " La liberté est meilleure que l'absence de liberté ", énonce doctement Dmitri Medvedev. " Ces mots sont la quintessence de l'expérience humaine. " Précisant sa pensée, le candidat au Kremlin décline " la liberté personnelle, la liberté économique et enfin, la liberté d'expression ", insistant sur la " liberté, indissociable d'une véritable acceptation du pouvoir de la loi par les citoyens ".Juriste de formation, Medvedev met l'accent sur le respect de la loi, mais - chose nouvelle - insiste sur une nécessaire indépendance judiciaire, laquelle permettra de sortir du " nihilisme légal " (son expression fétiche). Vladimir Poutine appelait, lui, à la " dictature de la loi " et s'est attaché à construire une " verticale du pouvoir " qui s'est avérée aussi incompatible avec l'indépendance de la justice qu'avec la liberté d'expression.CHANGER RADICALEMENT LES PROCEDURES ADMINISTRATIVESVice-premier ministre depuis deux ans, Dmitri Medvedev a dressé un tableau peu flatteur de l'administration russe, reconnaissant que les tribunaux trempent dans la corruption. " Il faut changer radicalement les procédures administratives concernant le démarrage et le fonctionnement des sociétés " et " donner des chances réelles pour le développement des PME, qui se noient aujourd'hui dans un océan d'indifférence administrative et de pots-de-vin ". Ses promesses de candidat incluent une baisse des impôts et l'évolution du rouble vers une monnaie de réserve régionale.Les observateurs relativisent la portée des belles paroles du candidat Medvedev, notant qu'il est trop tôt pour évaluer l'indépendance dont il saura faire preuve face à son mentor. Vladimir Poutine ne s'est pas privé de répéter qu'il restera très influent dans l'avenir, notamment dans un discours la semaine dernière fixant un " programme 2020 ", comme pour chiper l'initiative à son successeur. Vladimir Poutine s'est déjà invité à la tête du gouvernement russe " si Dmitri Medvedev est élu ". La Constitution russe interdit un troisième mandat consécutif et Dmitri Medvedev, qui a fait pratiquement toute sa carrière sous les ordres de Vladimir Poutine, est perçu comme parfaitement loyal et comme une figure de compromis entre les différents clans du Kremlin.

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