L'UMP en position défensive sur la taxe carbone

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Piquée au vif par l'offensive déclenchée à La Rochelle par la socialiste Ségolène Royal contre un « impôt injuste », l'UMP a défendu vigoureusement hier la taxe carbone que Nicolas Sarkozy veut toujours voir aboutir en 2010. Mais des élus de la majorité commencent aussi à s'inquiéter des répercussions d'une fiscalité écologique sur le pouvoir d'achat des Français.C'est au socialiste Michel Rocard, qui a mené la réflexion sur la création d'une « contribution climat énergie », que le gouvernement a laissé le soin de plaider sur le fond. L'ancien Premier ministre a jugé « prématurées » les déclarations des dirigeants du PS. Il a rappelé à l'AFP qu'il était favorable à une compensation « sociale » de la taxe, dont l'objectif est d'encourager ménages et entreprises à consommer moins d'énergies fossiles.Les porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé ont dénoncé, de leurs côtés, le « reniement » et la « tactique politicienne » du Parti socialiste, qui a martelé hier que le produit de la nouvelle contribution serait « utilisé à réduire le déficit public ou à compenser la suppression de la taxe professionnelle ».réorganisation« Le débat au sein de la majorit頻 porte sur les modalités de cette taxe « pour que ce soit à périmètre constant, c'est-à-dire que le gouvernement ne rentre rien dans les caisses de l'État et qu'il y ait une redistribution aux Français », qui « se fasse de la manière la plus équitable possible », a insisté Frédéric Lefebvre. « On est donc dans de la réorganisation de fiscalité et pas dans de l'augmentation de fiscalité, ce que savent parfaitement les socialistes. »Christine Lagarde a assuré, samedi, que la taxe serait « intégralement redistribuée ». Elle a confirmé que le gouvernement envisageait de fixer la contribution aux alentours de 15 euros la tonne de CO2, bien en deçà des 32 euros souhaités par la commission Rocard.Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes, a toutefois exprimé hier les réticences d'une partie des élus de la majorité. « Les Français n'ont pas besoin d'être punis fiscalement alors qu'ils sont volontaires pour avoir un nouveau comportement écologique. [?] Il faut développer les nouvelles filières par des incitations fiscales et non par des taxes qui vont réduire le pouvoir d'achat des Français. La taxe carbone, c'est une idée socialiste dont même les socialistes ne veulent pas », a-t-il dit dans un communiqué.À l'Élysée, on insiste sur la « détermination » de Nicolas Sarkozy à faire aboutir « un engagement de campagne ». L'entourage du chef de l'État souligne qu'il y aura bien sûr « une concertation » avant toute décision sur les modalités de la taxe. « Il y a eu le Grenelle de l'environnement, il va y avoir la conférence de Copenhague sur le climat et la présidence de l'Europe est actuellement assurée par les Suédois, qui ont mis en place une taxe carbone », souligne un collaborateur de Nicolas Sarkozy. Pour l'instant, le seul à garder le silence sur ce dossier est le ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo.

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