Nicolas Sarkozy reçoit un Premier ministre britannique fragilisé

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DiplomatieUn sommet, pour quoi faire ? Pour cette rencontre annuelle entre la France et le Royaume-Uni, qui se déroule aujourd'hui à Évian, Nicolas Sarkozy reçoit un Premier ministre britannique totalement paralysé. Après la tempête politique de ces dernières semaines, qui a failli coûter son poste à Gordon Brown, ce dernier a de plus en plus de mal à prendre des décisions.Les événements de ces derniers jours ont encore prouvé ses hésitations permanentes. La privatisation partielle de Royal Mail, la poste britannique, a été repoussée après les élections prévues au plus tard en juin 2010. La réforme était pourtant présentée comme un objectif majeur. Motif officiel ? Les conditions du marché ne permettent pas de trouver un repreneur. Raison réelle ? Près d'une centaine de députés travaillistes s'y opposent.De même, le lancement des cartes d'identité, qui n'existent pas actuellement en Grande-Bretagne, vient d'être repoussé. Là encore, il s'agissait d'une politique phare de Downing Street.Le problème de Gordon Brown est double. D'une part, il est politiquement très affaibli, faisant face à la colère de son propre camp. D'autre part, avec un déficit budgétaire de plus de 12 % du PIB cette année, il sait qu'il va devoir décider des coupes budgétaires. Mais à un an des élections, les choix sont douloureux et la révision du plan triennal des dépenses publiques vient d'être repoussée à l'année prochaine. Du coup, les fonctionnaires font traîner les dossiers, instillant le doute sur la volonté politique du gouvernement. « Certains ministères ne répondent presque plus à nos demandes », indique une source diplomatique européenne.De nombreux dossiersBien sûr, à deux jours du G8, la rencontre bilatérale d'Évian n'est pas inutile. Les discussions franco-britanniques doivent notamment porter sur le climat et sur le processus menant au sommet de Copenhague à la fin de l'année, sur les réformes du Fonds monétaire international et du Conseil de sécurité des Nations unies, et enfin sur l'aide publique au développement. Autant de points sur lesquels Paris et Londres doivent pouvoir avancer. Mais dès que surgit l'aspect financier, les discussions se tendent, comme le prouve le cas de l'avion de transport A400M (voir encadré). En réalité, tout se passe comme si les problèmes que rencontre Gordon Brown dans son pays l'accompagnent dans ses rendez-vous avec ses partenaires à l'étranger. Éric Albert, à Londre

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