Panique boursière et curée sur les banques

Alerte sur les Bourses ! Alors que l'adoption définitive dans la nuit de vendredi à samedi par le Congrès des États-Unis de la nouvelle mouture du vaste plan de sauvetage des banques américaines à 700 milliards de dollars et l'unité de façade des quatre grands d'Europe (Allemagne, Grande-Bretagne, Italie et France) affichée samedi au sortir de l'Élysée permettaient logiquement d'espérer un accueil plus ou moins enthousiaste des investisseurs à l'ouverture des marchés financiers hier matin, les indices boursiers ont connu une journée de débâcle quasi sans précédent. Dans l'ordre, ce sont les Bourses asiatiques qui ont donné le la. Les Bourses du Golfe et d'Europe de l'Est lui ont ensuite emboîté le pas. Et l'Europe boursière tout entière n'a fait qu'attiser les angoisses des boursiers, en attendant l'ouverture de Wall Street où la confiance des investisseurs a continué à se dérober.PIRE QU'EN 1987Au bout du compte, c'est un véritable lundi noir. En particulier, à la Bourse de Paris où le CAC 40 s'est effondré de plus de 9%à 3.711,98 points. Il faut remonter à 1987 pour retrouver pareille déconfiture en pourcentage sur l'indice parisien. Cette année-là, le lundi 19 octobre, la Bourse de Paris et son indice de l'époque avaient chuté de 9,64%à la clôture.Mais en points d'indice, la dégringolade était loin d'égaler les 369 points abandonnés hier. Un record qui pulvérise celui du 21 janvier dernier, date à laquelle le débouclage à la hâte des positions du trader fou de la Société Générale avait déclenché un mini-séisme sur l'Europe boursière et à plus forte raison ceux des séances cataclysmiques du 11 septembre 2001 (- 7,39 %) et du 19 août 1991 (- 7,29 %). Mais alors à quoi faut-il attribuer ce coup d'accélérateur dans la perte de confiance des marchés financiers, déjà lourdement éprouvés par un an de dérive sur fond (plus de 33 % de baisse sur le CAC 40) de crise financière ? À l'asphyxie, chaque jour, un peu plus aiguë des marchés monétaires et interbancaires pour commencer, qui, jour après jour, envoie un voire deux acteurs supplémentaires du secteur bancaire au tapis. Mais aussi au "chacun pour soi" européen qui, après la décision allemande de garantir officiellement l'intégralité des dépôts bancaires outre-Rhin, jette un peu plus le trouble né de la décision prise par l'Irlande trois jours auparavant et met en lumière la cacophonie politique européenne. Ajouté à cela la perspective de nationalisation de tout le système bancaire islandais prêt à sombrer, la perte de confiance atteint du coup des sommets. Et plus personne, sauf des investisseurs éclairés comme Warren Buffett, ne prend la mesure de la consolidation bancaire qui s'opère à marche forcée pour faire émerger des acteurs de tout premier plan comme le français BNP Paribas aujourd'hui en Europe.

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