LCH.Clearnet, objet de convoitise

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Entre la volonté des autorités du Vieux Continent d'aboutir à des solutions européennes de compensation et la baisse des volumes d'activité, la tentative de contrer l'américain Depository Trust & Clearing Corp (DTCC) dans ses projets de rachat de LCH.Clearnet pourrait s'avérer gagnante. La semaine passée, Icap, le courtier britannique, a confirmé appartenir à un consortium d'intermédiaires étudiant le rachat de la chambre de compensation franco-britannique (« La Tribune » du 03-02-09). prise de conscienceSelon nos informations, les discussions auraient débuté dès le quatrième trimestre autour d'établissements actifs sur les produits dérivés de taux d'intérêt, non désireux de voir se modifier les équilibres existants en matière de gouvernance et de régulation. Et sans doute aussi de profiter de la volonté des autorités de ramener vers des marchés régulés des pans entiers des marchés de gré à gré ou, au minimum, d'obliger à une plus grande utilisation des chambres de compensation. La faillite de Lehman Brothers, en septembre dernier, a provoqué une prise de conscience de la nécessité de réduire les risques de contrepartie. Une chambre de compensation, en s'interposant entre acheteurs et vendeurs, prend en charge ce risque.Selon nos informations, le consortium comprendrait, outre Icap, BNP Paribas, HSBC, Deutsche Bank, UBS, Royal Bank of Scotland, JP Morgan et aurait vocation à s'élargir. Les noms de Citigroup et de Société Générale sont évoqués. Des noms que l'on retrouve derrière OTCDerivNet, une structure associée à LCH.Clearnet pour le développement de la compensation sur les dérivés de taux, mais aussi, pour quelques-uns, au sein du conseil d'administration de LCH.Clearnet.DTCC entend toujours finaliser l'accord de rachat de LCH.Clearnet d'ici au 15 mars. En octobre dernier, les deux organismes avaient convenu que les actionnaires de LCH.Clearnet recevraient jusqu'à 739 millions d'euros. Mais cette somme étant financée en grande partie sur les bénéfices des trois prochaines années de LCH.Clearnet, « ce pourrait être beaucoup moins », souligne l'un de ses actionnaires. Pour l'heure, le consortium d'intermédiaires n'a pas fait d'offre. Selon « The Observer », il serait prêt à mettre l'équivalent de 886 millions d'euros. Le consortium conservera-t-il une structure à but lucratif, partageant ses bénéfices entre actionnaires et utilisateurs ? DTCC propose une structure couvrant ses coûts opérationnels et reversant le reste aux utilisateurs, via des baisses de tarifs. Conserver les revenus actuels tout en ouvrant de nouvelles perspectives d'activités sera un autre sujet d'importance. Se pose ensuite la question de la gouvernance. Conscient que beaucoup pourrait se jouer du côté des autorités, pour des questions de stabilité financière, DTCC a rappelé le caractère international de ses utilisateurs. Sa future société holding européenne restera sous contrôle local et aura des centres opérationnels au Royaume-Uni mais également en zone euro. Christelle frad

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