Le marché parie sur une forte baisse des dividendes en 2009

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ctionnariatPlus dure sera la chute. Soucieuses de ménager leurs actionnaires après une année boursière 2008 des plus calamiteuses, nombre d'entreprises s'étaient engagées à l'occasion de leurs résultats annuels à leur verser de corrects dividendes. Phénomène pour le moins surprenant : tandis que les bénéfices s'inscrivaient en baisse de 41 %, les coupons distribués n'ont reculé que de 8 % (« La Tribune » du 13 mars) pour les entreprises du CAC 40.Mais cette généreuse politique de distribution pourrait avoir fait long feu. Pour s'en convaincre il n'y a qu'à regarder l'indice DJ Stoxx 50 sur les dividendes futurs pour l'année 2009. Celui-ci évoluait, fin février, entre 110 et 113 points, impliquant une baisse implicite de 28 % des dividendes attendus pour 2009 par rapport aux 157,7 points enregistrés au titre de l'exercice précédent. Si l'on se fie toujours à cet indice, la baisse atteindrait 37 % pour les dividendes attendus sur 2010.Ces dernières semaines, plusieurs entreprises n'ont, certes, pas hésité à afficher un discours un peu moins rassurant que leurs prédécesseurs et nombre de réductions ou suspensions pures et simple de dividendes ont été annoncées. En Europe, un groupe comme PSA a décidé de ne pas rémunérer ses actionnaires au titre de l'exercice 2008. Dans le même sens, Anglo American a suspendu son dividende en février pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Rio Tinto vient de faire de même pour ses dividendes semestriels. Mieux encore. outre-Atlantique, General Electric a réduit le sien en février pour la première fois depuis 1938 !préserver la trésorerieMalgré tout, les analystes continuent d'anticiper un rebond des bénéfices pour cette année. Selon les chiffres de l'agence Bloomberg, il est désormais prévu une hausse de 10 % des bénéfices en 2009 pour les entreprises du DJ Stoxx 600. Qui du marché ou des analystes fait donc montre de trop de pessimisme ou, à l'inverse, d'un trop bel optimisme ? Pour Edmund Shing, stratégiste dérivé actions chez BNP Paribas, « depuis la fin 2008 et le début 2009, le marché reste très conservateur par rapport aux dividendes. La faillite de Lehman a poussé l'ensemble des banques à réduire en même temps leur exposition au risque en vendant une partie de leur exposition en dividendes entre septembre et octobre. Depuis, le marché est resté traumatisé et tend à être toujours un peu trop pessimiste au regard de notre analyse fondamentale ».Au-delà, cette anticipation d'une forte baisse des dividendes à venir repose également sur le fait que la priorité des entreprises en ces périodes de vaches maigres est la préservation de leur trésorerie. La logique est donc la suivante : mieux vaut protéger les fonds propres que de rémunérer ses actionnaires. Et le phénomène devrait s'amplifier si le second semestre 2009 ne donnait pas les signes d'embellies conjoncturelles tant attendus. Dans cette optique, il y a fort à parier que les entreprises soient à nouveau tentées, l'an prochain, d'utiliser le levier des dividendes en actions comme cela a été le cas cette année. Une façon habile de ménager la chèvre et le chou.

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