Bilans tendus dans le secteur des spiritueux

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groalimentaireLors de la présentation de ses résultats annuels aux analystes financiers, hier, Rémy Cointreauintreau n'a pas échappé à la question sur l'évolution de son endettement. Il faut dire que la dette nette du groupe français de vins et de spiritueux a progressé de 15 %, au cours de l'exercice 2008-2009 (clos le 31 mars), en raison, notamment, de l'indemnité de 224 millions d'euros versée par Rémy Cointreauintreau au réseau de distribution Maxxium, réseau dont la société est sortie. À 531,9 millions d'euros, la dette nette représente 2,99 fois l'excédent brut d'exploitation, non loin du ratio maximum de 3,5, dans le cadre des accords conclus entre Rémy Cointreauintreau et ses banques. Si les analystes se montrent aussi pressants au sujet de la dette, c'est parce qu'il est impossible, dans le contexte de marché actuel, de convaincre des gérants d'investir dans des sociétés particulièrement endettées. À tel point que « le marché presse ce type d'entreprises de lancer des augmentations de capital », avait indiqué la société de gestion Allianz Global Investors, lors de sa dernière présentation à la presse, le mois dernier. De fait, l'affaiblissement des résultats des producteurs de vins et de spiritueux (voir ci-contre), très affectés par la crise économique, leur confère aujourd'hui moins de latitude pour rembourser leurs emprunts.S'il est un groupe qui a été poussé à lever des fonds, c'est bien Pernod-Ricard. Début avril, le propriétaire de la vodka Absolut avait annoncé une augmentation de capital de 1 milliard d'euros, afin d'accélérer son désendettement, son programme de cessions d'actifs de 1 milliard d'euros s'avérant insuffisant. Il est vrai que la dette de Pernod, à 13 milliards d'euros, ne représentait pas moins de 6,3 fois l'excédent brut d'exploitation.Le britannique Diageo, lui, n'a pas fait appel au marché, mais a interrompu ses rachats d'actions, afin de préserver sa trésorerie. Cas extrême, le français Belvédèrete;dère (lire page 14), endetté à hauteur de 550 millions d'euros, a été placé sous procédure de sauvegarde et saura le 14 septembre si son plan de rééchelonnement de la dette est homologué par le tribunal de commerce de Dijon.La plupart de ces groupes paient ainsi le prix de leur stratégie de croissance externe, une stratégie pourtant nécessaire pour étoffer leurs portefeuilles de marques. C'est le cas de Pernod-Ricard qui, en rachetant Vin & Sprit, propriétaire d'Absolut, en avril 2008, avait vu sa dette doubler.

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