Bronca contre les tarifs de GDF
La Tribune
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« C'est le scandale des scandales », s'emporte Jacques Mopin, administrateur national d'UFC-Que choisir. En fin de semaine dernière, Gérard Mestrallet, PDG de GDF-Suez, a confirmé qu'il faudra attendre avril pour voir baisser le prix du gaz alors que le baril de pétrole, sur lequel le gaz est indexé, a chuté de 150 à 45 dollars depuis juillet dernier. Mi-décembre, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, avait annoncé une possible baisse du prix du gaz au printemps. « En avril, si les prix du pétrole se maintiennent à des niveaux aussi bas qu'actuellement, le gouvernement pourrait envisager de baisser le prix du gaz », avait-il déclaré. C'est désormais une certitude, si l'on en croit Gérard Mestrallet. « Le prix du gaz est gelé pour tout l'hiver et il baissera à partir du mois d'avril », a-t-il déclaré vendredi au micro de RTL.refus du gouvernement« Ce sont les trois premiers mois de l'année que les Français brûlent pour se chauffer la moitié de leur consommation annuelle de gaz, rappelle Thierry Saniez, délégué général de l'association de consommateurs CLCV. Reporter une éventuelle baisse en avril préserve les recettes de GDF-Suez. » CLCV estime que la plongée du baril devrait se traduire par une réduction de 30 % du prix du gaz. Celui-ci représentant la moitié de la facture de gaz des consommateurs (aux côtés du transport et des frais commerciaux), le CLCV estime nécessaire une baisse de 15 % de cette facture. « Soit une économie non négligeable pour un foyer de quatre personnes qui se chauffe au gaz et qui paie en moyenne 1.125 euros de gaz par an », souligne Thierry Saniez.« Alors qu'il a l'absolue maîtrise des tarifs réglementés de gaz, le gouvernement refuse de répercuter la chute des cours du pétrole. Pourtant, le gaz a subi trois augmentations en 2008 pour accompagner la hausse de l'or noir », dénonce Jacques Mopin. En pleine crise économique et vague exceptionnelle de froid, cette politique indigne les associations de consommateurs. « Selon l'Association nationale d'amélioration de l'habitat, trois millions de ménages sont déjà en situation d'exclusion énergétique », souligne Thierry Saniez. Le tarif social de solidarité, mis en place pour le gaz début 2008, prévoit au maximum une allocation annuelle de 118 euros par ménage. « Cela ne compense même pas les hausses intervenues en 2008 », ajoute-t-il. Marie-Caroline Lopez
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