Face à la crise, la Commission est restée trop longtemps inerte

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Les eurodéputés entonnent l'air du " on vous l'avait bien dit, mais vous n'avez rien fait ! " Un document interne obtenu par L a Tribune dresse, sur cinq pages, l'inventaire des demandes du Parlement faites à l'exécutif depuis 2002. " Bien avant l'éruption de la crise financière, plusieurs appels ont été lancés à la Commission pour qu'elle fasse usage de son pouvoir d'initiative et qu'elle propose des mesures de renforcement du cadre de régulation de supervision et de la gestion de crise au niveau européen ", peut-on lire. Le Parlement regrette " le manque de réponse " des commissaires européens, y compris dans les tout derniers mois." En juillet, ils savaient ce qui nous attendait, ils n'ont rien mis sur la table ", enrage la présidente de la commission des Affaires économiques et monétaires, Pervenche Bérès. " Personne n'a écouté ce que les députés disent depuis des années ", regrette le libéral roumain Daniel Daianu, auteur d'un récent rapport sur la supervision bancaire. La réglementation des agences de crédit ? La Commission s'apprête à peine à présenter un projet de directive alors que, en 2004, déjà, une résolution parlementaire appelait à un système d'enregistrement européen. La gestion de crise ? " Dans des marchés financiers hautement intégrés, une crise transnationale ne peut être gérée individuellement par les autorités nationales ", notait un rapport de 2004.MCCREEVY SUR LA SELLETTELes fonds spéculatifs ? Les eurodéputés demandaient des " règles prudentielles minimales en particulier concernant les effets de levier et les ventes à perte "... dès 2002. À ces reproches s'ajoute la vindicte des législateurs à l'égard d'un commissaire chargé des services financiers, Charlie McCreevy, qui systématiquement " conteste que l'autorégulation ait ses limites ". Au point que certains demandent ouvertement sa démission. Récemment, Pervenche Bérès a pris à parti José Manuel Barroso : " Vous nous dites qu'il y a des résistances au sein du Conseil européen, mais avez-vous besoin d'attendre les ordres des ministres des Finances pour mettre en place un système de garantie de dépôt ou pour regarder comment les normes comptables sont appliquées en Europe ? " Réponse hier du président de la Commission : " Je n'accepte pas cette critique selon laquelle la Commission aurait laissé faire. " Le conservateur portugais revendique son pragmatisme.Mais les parlementaires attendent désormais Bruxelles au tournant. " La Commission n'a pas su gérer cette crise mais elle a une chance de se rattraper. On sait que l'on va entrer en récession. Il faut des initiatives pour l'économie réelle et équiper l'Europe pour les crises à venir ", avertit Pervenche Bérès.

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