À la rescousse du marché immobilier

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Dans sa mobilisation anti­crise tous azimuts, la Caisse des dépôts (CDC) et sa section des fonds d'épargne, dont la mission première est de financer le logement social sur les encours des livrets réglementés, n'ont pas lésiné sur les moyens pour soutenir le marché immobilier. Tout d'abord, dans sa mission historique de bailleur de fonds aux organismes HLM. L'institution a ainsi financé, sur les fonds d'épargne, 62.000 logements sociaux, soit 9 % de plus qu'en 2007. Et le nombre de chantiers lancés a doublé d'une année sur l'autre.Les organismes HLM, dont certains commençaient à bouder le financement de la Caisse des dépôts pour se tourner vers les banques, reviennent vers leur bailleur traditionnel, faute de crédit bancaire. Ensuite, dans le cadre du plan de relance qui s'est fixé l'objectif ambitieux de financer 100.000 logements supplémentaires en deux ans. Ce programme qui représente, pour les fonds d'épargne, une enveloppe d'investissement global de 6,7 milliards d'euros, comprend l'achat de logements privés en voie d'achèvement, à un prix décoté, soit directement par la filiale CNI (10.000, dont la moitié de logements sociaux), soit indirectement via les organismes HLM (20.000).Cette mesure, quasi achevée à ce jour, présente le double avantage de soutenir les promoteurs immobiliers (et leurs banquiers) et de développer l'offre de logements intermédiaires, un segment qui souffre d'une pénurie chronique. Tous ces efforts ont bien sûr un coût, pour l'essentiel supporté par les fonds d'épargne. Au total, l'encours de prêt devrait exploser (+ 50 %) à 152 milliards d'euros d'ici 2013, dont 135 milliards du titre du logement. En face, les ressources ont certes progressé l'an dernier (211 milliards d'euros, dont 139 milliards de livret A), mais la banalisation du livret A et la baisse des taux d'intérêt risquent de peser à terme sur les encours qui sont centralisés à la Caisse des dépôts. « Les fonds d'épargne sont assez tendus », a d'ailleurs reconnu le directeur général de la CDC alors même que ces dernières années, ils étaient plutôt en excès de liquidités. Ce fut même l'un des arguments avancés par les partisans de la banalisation du livret A.Sur les activités immobilières concurrentielles de la CDC, le flou le plus artistique demeure quant à la stratégie du groupe. Ainsi, la prospère filiale Icade (administration de biens) va vendre sa branche résidentielle au Crédit Foncier tout en conservant ses activités lucratives dans l'immobilier de bureau ! E. B.

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