Le héros très discret de RTL surgit sur TF1

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télévisionAxel Duroux est comme moi : il ne s'expose pas, il ne va pas dans tous les pince-fesses? », dit le PDG de TF1, Nonce Paolini. Mais la relative discrétion que cultivait le patron de RTL touche sans doute à sa fin. Propulsé numéro 2 de TF1, ce père de deux garçons sera désormais sous le feu des projecteurs.Devenu directeur général du plus puissant média de France, pourra-t-il ne jamais devenir « blasé, cynique, arrogant et parisien », comme il le souhaitait ? Ce fils d'un ancien maire du Lavandou pourra-t-il continuer à ne pas fréquenter la classe politique, comme il s'en félicitait ?Interrogé par « Télérama » il y a un an et demi, ce géant de 1,98 mètre, à la voix douce, en apparence accessible, direct et prévenant, n'avait pas hésité à dresser un autoportrait peu flatteur : « Je suis cyclothymique. Je ne me rends pas toujours compte de la dureté avec laquelle je parle aux gens. » Ou encore : « Je suis envahissant, casse-couilles, exigeant. Je m'intéresse à tout, j'interviens sur tout. Je n'arrête jamais de travailler. » Ce que confirme un collaborateur : « Il est perfectionniste, et pour cela, il peut aller très loin dans le détail. »L'homme, âgé de 46 ans, assurait « ne pas être intéressé par le fric et le pouvoir », et ne pas rêver de télévision. Mais certains assurent qu'il se serait bien vu à la tête de M6 si Nicolas de Tavernost (58 ans) n'y était pas solidement arrimé?travailleur minutieuxInitialement, c'est le journalisme ? et les voyages autour du monde ? qui attire Axel Duroux, dont le père était chirurgien et patron d'une clinique lyonnaise. Il a d'abord décroché une maîtrise de droit international, un DEA de droit et de sciences politiques et un Dess à l'Institut français de la presse. Après des piges dans des radios et journaux locaux, il devient reporter à l'agence de photo Sipa, puis à La Cinq. Quand La Cinq fait faillite en 1992, il se retrouve plusieurs mois au chômage. « Il a alors réalisé que le journalisme est un métier délicat pour des gens qui ont de l'ambition », racontera Guillaume Durand à « Challenges ». Il se réoriente alors dans la communication, chez IBM. En 1994, un chasseur de têtes lui propose de prendre la tête de la radio musicale M40, qu'il rebaptise RTL 2, avant de redresser à son tour Fun Radio. En 2000, il arrive à Endemol, où il devient numéro 3 de la filiale française derrière Stéphane Courbit et Arthur, et où il participe notamment au lancement de « Loft ». Il est remercié brutalement par Stéphane Courbit, qu'il attaquera ? avec succès ? en justice, obtenant 12 millions d'euros. Ce qui promet pour les futures négociations entre la Une et Endemol, un de ses principaux fournisseurs? Enfin, en 2005, Axel Duroux prend la tête de RTL, alors confrontée au déclin de son leadership comme la Une aujourd'hui. Il emploie alors une méthode assez similaire à celle de Nonce Paolini à TF1 : pas de grands bouleversements ni de débauchages à prix d'or, mais un travail minutieux sur la grille, en s'appuyant sur les animateurs maison. Dans son cas, le succès est au rendez-vous : la vieille radio de la rue Bayard regagne un million d'auditeurs, et en 2007 reconquiert le titre de numéro un en repassant devant NRJ. n« Je suis cyclo- thymique, envahissant, casse-couilles, exigeanT. »

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