La Poste, une réforme à tiroirs

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Accélérer, déminer, ne pas insulter l'avenir? Conforté par le résultat des européennes et le flop des syndicats, samedi, le gouvernement ressort de ses cartons le projet de loi sur La Poste qu'il avait temporairement remisé. Il fallait éviter que l'opposition ne transforme en brûlot électoral un texte qui convertit l'établissement public en une société anonyme. L'obstacle passé, le secrétaire d'état à l'Industrie, Luc Chatel, dévoilait hier les grandes lignes du projet. Non sans chercher à en minimiser la portée. La Poste, « incarnation du service public à la française », selon l'expression de Luc Chatel, restera 100 % publique. Pas de privatisation, fût-elle partielle comme pour EDF. Pas de menace sur l'emploi et pas de changement de statut pour le personnel ? les fonctionnaires le resteront. En revanche, maintien d'un service de qualité « irréprochable ». Le courrier restera distribué six jours sur sept, et le projet, un temps caressé par l'entreprise, d'un courrier livré à J + 2, et non plus le lendemain du jour où il a été posté, est abandonné. La Poste conservera ses 17.000 « points de contact », ses bureaux, qui irriguent notamment les zones rurales. Enfin, le système actuel d'un prix unique du timbre est préservé. Voilà pour les garanties immédiates données au personnel et à l'opinion. Manque l'essentiel, le nerf de la guerre, l'argent ! Le J + 2, c'était une économie possible pour La Poste, engagée dans un plan de réduction des coûts de 200 millions d'euros (dont la moitié pour le courrier). Le débat sur le financement des bureaux et des points de contact postaux n'est pas tranché. Celui sur la compensation du service universel non plus. Même les modalités de l'augmentation de capital de 2,7 milliards d'euros pour assurer la compétitivité de La Poste en Europe restent à définir. Il y a là trop d'incertitudes pour que cette réforme n'en appelle pas d'autres. npagay@latribune.fr pierre-angel gay

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