Areva signe un nouveau projet d'EPR aux États-Unis

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Les incertitudes planant sur l'avenir de l'énergie atomique aux États-Unis n'empêchent pas Areva d'y avancer ses pions. Selon nos informations, le groupe nucléaire français dévoilera aujourd'hui son huitième projet d'EPR américain, à Piketon, dans l'Ohio. Déjà partenaire d'Areva, avec qui il a créé le joint-venture Adage, spécialiste des centrales à biomasse, l'électricien américain Duke Energy a choisi la technologie EPR pour un réacteur devant être mis en ligne en 2020 au plus tard.Les deux partenaires vont s'associer à Unistar Nuclear Energy, la coentreprise d'EDF et de Constellation, ainsi qu'au spécialiste de l'enrichissement d'uranium Usec et à une structure de diversification locale (Sodi). Et ce pour postuler à la conversion civile, décidée par le département de l'énergie (DOE), du site de Piketon, qui fabriquait jusque-là des armes nucléaires.Pour que ce projet soutenu par le gouverneur de l'Ohio se concrétise, plusieurs étapes cruciales devront être franchies. Duke Energy affiche sa préférence pour l'EPR mais il devra néanmoins lancer un appel d'offres ouvert aux technologies concurrentes. Les négociations commerciales démarrant entre les deux groupes accordent une exclusivité à Areva pour dix-huit mois. La taille du contrat du groupe français variera selon que Duke Energy lui commandera la construction de tout ou partie du réacteur et en fonction des services associés. Faute d'accord au terme des dix-huit mois, Duke pourra choisir un autre partenaire. Il devra aussi obtenir de la Commission de régulation nucléaire (NRC) une autorisation, valable vingt ans, pour construire et exploiter ce réacteur. De son côté, Areva espère recevoir de cette même NRC la certification de l'EPR à l'horizon 2011.Une trentaine de centralesLa concrétisation de cet EPR dépendra aussi d'aides financières publiques. Au titre de la conversion de Piketon, l'alliance va demander au DOE des fonds pour la « phase initiale du projet » pendant laquelle le site doit obtenir un permis de construire préliminaire. Une fois toutes les autorisations accordées, restera à Duke Energy à décrocher les garanties fédérales nécessaires pour contracter l'emprunt visant à édifier cet EPR. Une trentaine de projets de centrales sont en cours aux Etats-Unis, et le Congrès a autorisé 18,5 milliards de dollars de garanties pour lancer le renouveau du nucléaire. Mais, jusqu'ici, le DOE tardait à accorder ces garanties. Selon le « Wall Street Journal », il vient de choisir une « short list » de quatre entreprises, parmi lesquelles Unistar Nuclear Energy, qui vont bénéficier de ces garanties. Ce qui devrait débloquer sept projets de réacteurs dont les travaux pourraient démarrer en 2011 pour une mise en service en 2015 ou 2016.Pour emporter ce contrat avec Duke, Areva mettra en avant les quatre EPR qu'il construit actuellement en France, en Finlande et en Chine, tandis qu'aux États-Unis, cinq électriciens (Constellation, Amarillo Power, etc.) ont choisi cette technologie pour sept projets de réacteurs distincts. Et Anne Lauvergeon, sa présidente, pourra aussi faire valoir les retombées du projet : 500 millions de dollars de recettes fiscales et « autres bénéfices économiques » par an, jusqu'à 5.000 emplois pendant la construction de l'EPR et 500 postes pérennes après sa mise en ligne.Pour Charles Ferguson, spécialiste du nucléaire auprès du Council of Foreign Relations, un centre de recherche new-yorkais, « 80 centrales devront être mises en ligne aux États-Unis dans les trente ans à venir. Mais la question du prix sera déterminante : pour que l'opinion bascule, les électriciens devront prouver qu'il s'agit d'une énergie peu onéreuse », prévient-il. nLire aussi l'enquête page 9.

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