Michelin supprime 3.000 postes en France

eumatiquesMichelin est convaincu qu'il y a « un avenir pour l'industrie et pour Michelin en France », mais à la condition d'améliorer la productivité de ses usines de 15 % d'ici à 2011. Pour y parvenir dans un contexte de baisse de la demande de pneus en raison de la chute des ventes de véhicules neufs et du ralentissement du rythme de changement des pneus usés par les automobilistes, l'équipementier a décidé de s'attaquer à sa masse salariale (30 % de ses coûts, 4,6 milliards d'euros en 2008). Il a annoncé hier un projet de réduction de 3.000 postes sur un total de 25.000 emplois en France (le groupe emploie 117.600 salariés dans le monde). Mais, en parallèle, Michelin assure qu'il va embaucher 500 personnes par an en France pendant trois ans. Des salariés plus jeunes, l'objectif étant aussi de rééquilibrer la pyramide des âges, de nombreux salariés se rapprochant actuellement de la retraite.Fermeture d'usineLes mesures annoncées comportent d'abord 1.093 suppressions de postes (495 à la faveur de mesures d'âges spécifiques et 598 grâce à la mobilité interne) dès cette année. Ensuite, un appel aux départs volontaires, dès septembre prochain, de 1.800 postes en trois ans, vise notamment la forte proportion de baby-boomers dans les effectifs. La direction du groupe estime pouvoir éviter les licenciements. En attendant l'issue des négociations avec les syndicats, le groupe de Clermont-Ferrand refuse de chiffrer le coût de ces mesures avant la présentation fin juillet de ses résultats semestriels.La philosophie de ce plan est de rendre les usines plus productives, soit en les spécialisant, soit en regroupant l'activité de plusieurs sites sur un seul. L'une des 17 usines françaises (celle de Noyelles-lès-Seclin, près de Lille) sera fermée, sa production étant transférée près de Clermont-Ferrand. Et la spécialisation des sites de Tours (poids lourds) et de Montceau (pneus de génie civil) sera accentuée, grâce à un investissement total de 60 millions d'euros. Pour relancer la demande, le groupe veut aussi doubler le lancement de nouveaux pneus. Il investira 100 millions pour moderniser son principal centre de recherche, basé à Clermont-Ferrand.L'annonce des mesures sociales a surpris les salariés de Michelin car, en mai, lors de l'assemblée annuelle, « Michel Rollier (patron du groupe) nous avait promis qu'il n'y avait pas de plan social prévu et il nous annonce, un mois plus tard, la fermeture d'une usine », a fustigé Zakir Ali Manjee, responsable de Sud. De son côté, la CGT, premier syndicat du groupe, craint des licenciements malgré les promesses.

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