La Suisse continue à museler sa monnaie

changesLa Banque nationale suisse (BNS) a de la suite dans les idées. Son comité des sages, présidé par Jean-Pierre Roth, a récidivé hier à l'issue de son conseil en prenant fermement position contre une appréciation du franc suisse. Pour y parvenir, les « gnomes » de Zurich ont maintenu leur taux directeur à un niveau voisin de zéro, le Libor 3 mois, sa référence, étant maintenu dans une fourchette de 0?% à 0,75?%, piloté au jour le jour autour de 0,25?%. Ils ont aussi dégainé l'arme des interventions verbales. La stratégie est jusqu'à présent couronnée de succès. Depuis que la BNS a procédé à la mi-mars à sa première intervention, en solo, sur le marché des changes depuis 1992 pour affaiblir son franc, la monnaie helvétique évolue dans une fourchette très contrôlée vis-à-vis de l'euro. star déchueÀ l'époque, la banque centrale avait réussi le tour de force de provoquer la plus forte baisse hebdomadaire du franc suisse face à l'euro depuis la création de la monnaie unique : il avait cédé 5 % de sa valeur et depuis il évolue dans une marge étroite allant de 1,50 à 1,52 pour 1 euro. Hier, alors que le franc se rapprochait de 1,50, la BNS se serait même adjoint les services de la BRI, la Banque des règlements internationaux, soupçonnée d'être intervenue pour son compte en achetant des euros contre francs suisses. Mais c'est une victoire à la Pyrrhus, car le franc n'est guère plus qu'une star déchue, dont le statut s'est encore affaibli avec l'offensive internationale contre le secret bancaire et la fragilisation des institutions financières, qui rend la Suisse d'autant plus vulnérable que les services financiers accaparent 12 % du PIB de la Confédération. Cette dépendance a d'ailleurs conduit hier la BNS à se déclarer favorable à une loi sur la scission des banques en cas de risque pour l'économie nationale. Ses deux fleurons, UBS et Credit Suisse, qui se sont retrouvés au bord du gouffre l'an dernier, détiennent des positions obligataires de plus de 3.000 milliards de dollars, soit six fois le PIB helvétique. Cela fait de la Suisse l'un des pays les plus exposés aux conséquences de la crise. On comprend mieux le souci de la banque centrale de ne pas s'embarrasser du tracas supplémentaire que représenterait pour son économie une monnaie surévaluée. Isabelle Croizard

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